Atlantia, gestionnaire du viaduc de Gênes, géant des infrastructures en France... et en crise

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MULTINATIONALE - La société Atlantia, qui fait l'objet d'attaques notamment de la part du gouvernement italien sur d'éventuels défaut d'entretien du viaduc de Gênes qui s'est effondré mardi 14 août, détient plusieurs infrastructures sur le sol français.

C'est le groupe Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, qui est chargé de la gestion de l'A10, à laquelle était adossé le pont Morandi, qui s'est effondré, mardi 14 août à Gênes, générant la mort de dizaines de personnes. Une société qui est loin d'être une inconnue en France, même si son nom ne dit rien au grand public.


C'est elle qui, par exemple, a racheté l'aéroport de Nice il y a deux ans pour 1,7 milliard d'euros, l'ajoutant à un portefeuille aéroportuaire déjà bien rempli, puisqu'on y trouve les aéroports de Cannes et de Saint-Tropez. Le groupe Atlantia détient également le réseau autoroutier français Sanef, qui gère les axes du Nord et de l'Est de la France. En mars 2018, Atlantia a également acquis 15% du capital de Getlink, le nouveau nom d'Eurotunnel. La société est également propriétaire de la partie italienne du tunnel sous le Mont Blanc. Des activités qui ont permis au groupe, en 2017, de présenter un chiffre d'affaires de près de 6 milliards d'euros, dont 1,2 milliard de bénéfices, rappelle l'AFP;

Un indice boursier qui dévisse

Par ailleurs, son nom a récemment été évoqué pour le rachat d'Aéroports de Paris qui doit être privatisé en 2019, comme l'a prévu la loi Pacte, promue par le gouvernement, qui prévoit notamment la liquidation de nombreux actifs publics afin de trouver des fonds. A moins que la catastrophe du pont de Gênes ne vienne contrarier ses ambitions et permette à Vinci de reprendre le flambeau.


L'effondrement a déjà produit ses effets. Après que le viaduc s'est écroulé, c'est le cours de son action qui en a fait de même, a annoncé la Bourse de Milan à sa reprise, jeudi 16 août. L'indice du groupe a perdu 25%. Une mauvaise nouvelle qui vient s'ajouter à l'annonce par le président du Conseil italien Giuseppe Conte de son intention de révoquer la concession confiée à Autostrada per l'Italia, la filiale d'Atlantia en charge de l'A10. Même si la société a de son côté clamé être "confiante de pouvoir démontrer avoir toujours respecté correctement ses obligations de concessionnaire".

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Effondrement d'un viaduc à Gênes

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