Attaque à la gare centrale de Bruxelles : ce que l'on sait

DirectLCI
RÉCIT - Mardi soir, une explosion a eu lieu dans un des couloirs de la gare de Bruxelles-Central. L'homme qui a actionné la bombe est décédé. Il serait sympathisant de l'Etat islamique, selon le parquet fédéral belge qui considère l’attaque comme un acte "terroriste".

Un an et trois mois après l’attentat du 22 mars 2016 qui a causé la mort de 32 personnes, la Belgique a été frappée par ce que les autorités considèrent comme un acte "terroriste". Mardi, à 20h39, "un homme est entré dans la gare centrale" et s'est dirigé vers des "voyageurs qui se trouvaient au pied des escaliers", a expliqué le parquet fédéral belge dans un communiqué détaillant les faits. Cinq minutes plus tard, "après s’être un peu éloigné, il est revenu au milieu de ce groupe, a saisi sa valise en criant et en provoquant une explosion partielle".


Le parquet ajoute que la valise "a immédiatement pris feu". L'assaillant l'a alors abandonnée avant de descendre "sur le quai à la poursuite d’un chef de gare". Pendant ce temps là, "le sac a explosé une deuxième fois de façon plus violente". A noter que ce dernier "contenait des clous et des bombonnes de gaz". Après cette seconde explosion, l'assaillant "est ensuite remonté dans le hall où il s’est précipité sur un militaire en criant 'Allah Ouakbar'". Réaction immédiate de l'homme en treillis qui a "ouvert le feu en touchant l’individu à plusieurs reprises". Lequel "est décédé sur place, des suites de ses blessures", conclut le parquet belge. Aucun blessé n’est à déplorer. 

Agé de 36  ans et de nationalité marocaine, l'individu n'était pas connu des services de renseignement pour des faits de terrorisme. Plusieurs médias belges ont donné son nom - Oussama Z. - et ont précisé qu'il avait été mêlé à des affaires de drogue. 


Mercredi, le parquet fédéral belge en a dit un peu plus sur le profil de l'homme qui avait "des sympathies pour l'organisation terroriste EI" selon "certains indices" qu'il n'a néanmoins pas divulgués. Du matériel pouvant servir à fabriquer un explosif a par ailleurs a été retrouvé à son domicile. "Il apparait des résultats de la perquisition effectuée à la résidence du suspect O.Z. à Molenbeek-Saint-Jean qu'il a probablement fabriqué la bombe à cet endroit", poursuit le parquet dans son nouveau communiqué. "On y a notamment retrouvé des composants chimiques ainsi que du matériel qui peuvent servir à fabriquer un explosif".  


La commune de Molenbeek, dans l'agglomération bruxelloise, est connue pour avoir hébergé plusieurs auteurs d'actes terroristes en Europe liés à l'organisation Etat islamique (EI), notamment l'organisateur présumé des attentats de Paris de novembre 2015 (130 morts), Abdelhamid Abaaoud, et les frères Abdeslam.

La gare a été bouclée mardi soir par les forces de l'ordre et évacuée, ce qui a provoqué un "réel mouvement de panique", selon un porte-parole d'Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge. "Des gens traversaient des voies", a raconté le porte-parole. Tout le trafic ferroviaire a été interrompu, certaines lignes de bus ont même été déviées du centre-ville. Le métro était gratuit afin d’aider les gens à rentrer chez eux. "Ce n'était pas vraiment une grande explosion mais l'impact était pas mal. Autour, à deux-trois mètres, les gens sont partis en courant", a témoigné un agent de triage. Environ 60 000 voyageurs prennent le train chaque jour depuis la gare de Bruxelles-Central. Au moment de l’incident, l’heure de pointe était cependant passée.


Elisa Roux, porte-parole de la SNCB, a estimé qu'une "centaine de personnes ont été évacuées" de la gare à la suite de l'explosion. "Dès qu'on a entendu la déflagration, un périmètre de sécurité a été mis en place", a-t-elle expliqué. "Il y a des gens qui pleuraient, il y a des gens qui criaient. Ils ont bien sûr été un peu choqués". Le périmètre de sécurité a été réduit peu après minuit dans la gare, située à quelques centaines de mètres de la célèbre Grand-Place de Bruxelles. Le Premier ministre belge Charles Michel a convoqué un conseil de sécurité mercredi à 9 heures.

En vidéo

Incident à la gare de Bruxelles : "Les militaires ont neutralisé l'individu"

Cette nouvelle attaque survient alors que l’Europe a vu se multiplier ces derniers mois les attaques terroristes djihadites. Le Royaume-Uni a été particulièrement touché au cours de ces dernières semaines, frappé à Manchester et à Londres. En France, la menace reste particulièrement élevée. Lundi après-midi, un homme avait tenté de percuter avec sa voiture un fourgon de gendarmerie sur les Champs-Elysées à Paris, non loin de l'endroit où un policier avait été tué par un djihadiste il y a deux mois. Il est décédé dans l'accident qu'il a provoqué. 

De son côté, Bruxelles avait été touchée le 22 mars 2016 par des attentats revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI). Des jihadistes s'étaient fait exploser dans le métro et à l'aéroport de Bruxelles, faisant 32 morts. L'enquête avait montré qu'ils appartenaient à la même cellule que celle qui avait frappé Paris le 13 novembre 2015, faisant 130 morts.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter