Attaque chimique en Syrie : Trump dénonce un "affront à l'humanité" et fait planer la menace d'une riposte

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MENACE - Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé de passer à l'action en Syrie après l'attaque chimique présumée imputée au régime de Damas.

Les 86 victimes, dont 30 enfants, qui ont été tuées lors d'un raid mené mardi sur Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb, ont fait basculer Donald Trump dans un mélange de colère et de tristesse. "Cette attaque sur des enfants a eu un énorme impact sur moi", a lancé mercredi le président américain lors d'une conférence de presse avec le roi Abdallah II de Jordanie. Avant de confier que son  "attitude vis-à-vis de la Syrie et d'Assad avait nettement changé", le président américain qualifiant cette attaque d'acte "inacceptable".


A travers ce raid meurtrier attribué au régime syrien, de "nombreuses lignes" ont été "franchies", a-t-il souligné, référence à la "ligne rouge" que s'était fixée son prédécesseur Barack Obama à propos des attaques chimiques du régime syrien. Les constatations des médecins sur les victimes révèlent tous les symptômes d'une attaque chimique : pupilles dilatées, convulsions, mousse sortant de la bouche.

Ces actes odieux ne peuvent pas être tolérésDonald Trump

Posture vindicative sur l'estrade de la Maison Blanche, Donald Trump a évoqué "ces petits enfants et même de beaux petits bébés" qui ont perdu la vie. "Leur mort fut un affront à l'humanité. Ces actes odieux par le régime d'Assad ne peuvent pas être tolérés", a-t-il ensuite tonné. La nature des substances chimiques n'a pas été formellement identifiée mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques "comprenant des agents neurotoxiques". 


De son côté, le président français François Hollande a réclamé "une réaction de la communauté internationale à la hauteur de ce crime de guerre". Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson juge pour sa part que, "toutes les preuves (...) laissent penser que le régime d'Assad" a utilisé "des armes illégales en toute connaissance de cause". 

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Syrie : la communauté internationale s’insurge

"Nous ne sommes pas d'accord avec les appréciations qui sont données", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov jeudi. "Personne ne pouvait avoir d'information fiable et réaliste" sur ce "crime dangereux et monstrueux", a-t-il ajouté en mettant en garde contre toute "conclusion précipitée" sur ce qui s'est passé dans la province d'Idleb. La Russie n'a pas hésité à répondre directement aux propos de Donald Trump. Elle affirme que les Américains n'ont pas de preuve "objective".


Depuis le début du conflit en 2011, plus de 320.000 personnes sont mortes.

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