"Attaques acoustiques" à Cuba : les cerveaux des diplomates américains ont bien "subi quelque chose"

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ÉNIGME – Les cerveaux d’une quarantaine de diplomates à Cuba ont bien "subi quelque-chose", selon les conclusions d'un rapport médical publié ce mardi 23 juillet. Réalisées à la demande des Etats-Unis, ces recherches doivent tirer au clair cette mystérieuse affaire, qui remonte à l’été 2017, dans laquelle des employés américains de La Havane se plaignaient d’avoir subi des "attaques acoustiques".

C’est une affaire des plus mystérieuses, sur des airs de Guerre froide. Alors que des membres de l'ambassade américaine de La Havane se plaignaient d'être la cible "d'attaques acoustiques" à l’été 2017, un rapport estime ce mardi 23 juillet que le cerveau d'une quarantaine d’entre eux  a "subi quelque-chose", relate l’AFP. Cet incident troublant est au cœur, depuis, de tensions entre les deux pays. En 2017, les Etats -Unis avaient rappelé la majorité de leur personnel en poste sur l'île rebelle.

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Ce n'est pas imaginaire- Ragini Verma , professeure de radiologie

Les recherches ont été réalisées sur 44 diplomates et membres de leurs familles, dont les résultats d’une IRM ont été comparés avec ceux de 48 personnes comparables, issues de groupes témoins. Les différences sont statistiquement significatives et concernent la matière blanche du cerveau, ainsi que le cervelet, la partie qui contrôle les mouvements, comme le montre l'imagerie ci-dessous. 

Des conclusions qui prouvent bien que les cerveaux de ces individus "ont subi quelque chose qui a causé ces changements", à savoir un "brouillard cognitif", comme le décrivaient certaines des victimes à l'époque. Ce trouble se manifesterait de différentes façons : des problèmes d'équilibre et de vertige, de coordination, de mouvement des yeux, ainsi que de l'anxiété, de l'irritabilité et des problèmes cognitifs visuels ou auditifs, selon le département d’Etat américain.

Menée par des professeurs et médecins de l'université de Pennsylvanie, l'étude montre donc que les plaintes des diplomates en poste n'étaient pas "imaginaires". C’est en tout cas ce que Ragini Verma, professeure de radiologie à l'université de Pennsylvanie confie à l'AFP. "Cela s'est bien produit dans leur cerveau", avance la spécialiste de l'imagerie médicale, et ce n’est donc "pas dû à un antécédent médical". 

Pour le moment, Washington n'a toujours pas rétabli, en tout cas publiquement, la vérité autour de la nature de ce phénomène. Les autorités n’ont d’ailleurs même pas confirmé qu'il pourrait s'agir d'énigmatiques "attaques acoustiques" dues à des "micro-ondes" ou des "accouplements de grillons". Des hypothèses qui ont pourtant largement circulé. De son côté, Cuba rejette toute implication. Et disqualifie cette étude qui, selon le Centre des neurosciences de l'Etat, ne permet pas "d'arriver à des conclusions scientifiques finales claires".

Quoi qu’il en soit, si ce rapport, publié par le Journal de l'Académie américaine de médecine (Jama), montre un changement, il ne permet cependant pas de dégager une cause aux symptômes observés chez les employés américains. De quoi pousser la professeure de radiologie, qui insiste sur la nécessité de suivre l'ensemble des patients régulièrement,  à conclure que "la vérité reste à trouver." 

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