Attaques en Catalogne : au Maroc, le père de deux des terroristes présumés "complètement effondré"

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TÉMOIGNAGE - Après l'annonce de l'implication présumée de deux frères, dans les attentats qui ont endeuillé l'Espagne, leur village d'origine situé dans une région rurale de l'Atlas marocain est tombé des nues. A commencer par leurs proches.

Au lendemain des attentats qui ont fait quatorze morts et une centaine de blessés en Espagne, la police catalane a affirmé que trois des terroristes présumés abattus, étaient marocains. A Melouiya, le village d'origine de l'un d'entre eux, situé dans une région rurale pauvre de l’Atlas, son père a annoncé avoir appris la mort de son fils par les autorités, se disant "sous le choc".


"Nous sommes complètement effondrés", a-t-il ajouté, les larmes aux yeux, entouré de membres de la famille, et d'amis venus lui présenter leurs condoléances près de la maison familiale rudimentaire en pierre et en terre. "La police espagnole a appelé aujourd'hui sa mère qui se trouve en Espagne, pour lui dire qu'il était mort", a-t-il précisé peu avant l'annonce officielle vendredi soir par la police catalane.


"La joie a laissé place à la tristesse et à la douleur", souffle un oncle, alors qu'une cérémonie de mariage prévue de longue date dans le village, s'est transformée en veillée funèbre.  Âgé de 17 ans, son neveu a été tué par un policier dans la nuit de jeudi à vendredi, avec d'autres assaillants. Ils avaient lancé à toute allure une Audi A3 sur la promenade de la station balnéaire de Cambrils, en Espagne. Son frère de 27 ans, également impliqué dans les attaques en Catalogne, a lui été arrêté jeudi à Ripoll, une ville d'environ 10.000 habitants non loin des Pyrénées, avec trois autres personnes. 

"Aucun signe de radicalisation"

L'annonce de l'implication présumée des deux frères dans les attentats qui ont frappé l'Espagne a manifestement suscité une onde de choc chez leurs proches. "Nous sommes des gens simples, pacifistes. Nous ne connaissons ni le radicalisme, ni le terrorisme", dit un habitant de cette région sinistrée et majoritairement berbérophone nichée dans le centre du pays, et dont l'économie repose essentiellement sur l'élevage et l'agriculture. 


Les deux frères "ne montraient aucun signe de radicalisation. Ils vivaient comme les jeunes de leur âge, s'habillaient comme eux", jure le père, carrure d'athlète et casquette vissée sur la tête. 


L'ainé, qui a passé son enfance à Aghbala, une commune rurale de 12.000 habitants à huit kilomètres du village natal, avait alors dix ans. Il a "quitté tôt l'école pour travailler honnêtement et gagner sa vie", raconte le père. "Aujourd'hui il est entre les mains de Dieu et de la police. Il est sous le coup d'une enquête. J'espère qu'ils diront qu'il est innocent. Je n'ai pas envie de perdre mes deux fils".


Le cadet, qui aurait fêté ses 18 ans en octobre prochain, est né à Ripoll. C'était "un garçon gentil qui ne faisait de mal à personne. Il suivait ses cours normalement et devait passer son bac l'an prochain. Ces derniers temps, il a commencé à faire sa prière (...) mais ça s'arrêtait là". Mais il était jeune, pas encore mûr, et il s'est sans doute fait manipuler", poursuit-il. "Il était doux, toujours souriant. Il ne fumait pas, ne buvait pas", affirme son oncle. 


Depuis le départ du père des deux terroristes présumés, parti tenter sa chance de l'autre côté de la Méditerranée dans les années 1990, dans la province de Gérone en Catalogne, la famille vivait entre Melouiya, Aghbala et son pays d'accueil. 

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