Attentat à Londres : pourquoi les Britanniques s’en relèveront, encore

RÉSILIENCE – Au lendemain de l’attentat perpétré à Londres, la capitale britannique tentait ce jeudi de retrouver le chemin de la sérénité. Habituée par son histoire aux événements violents, elle a le tempérament pour y parvenir rapidement.

Retrouver au plus vite le cours normal de la vie. Au lendemain de l’attentat perpétré à Londres, malgré la douleur, la capitale britannique tentait ce jeudi de retrouver le chemin de la sérénité. A peine vingt-quatre heures après l’attaque, la circulation du pont de Westminster, là où se trouvaient la plupart des victimes, était rétablie, les membres du Parlement ont repris leurs travaux presque comme d’habitude. Et finalement, seule la minute de silence observée par les députés laissaient entrevoir le côté singulier de ce "jour d’après". 


Dès mercredi, la Première Ministre Theresa May et le maire de la ville Sadiq Khan appelaient d’ailleurs à ne pas céder à la peur. Faut-il y voir l’expression la plus pure du célèbre flegme britannique ? Sans doute. Mais l’histoire récente du Royaume-Uni offre aussi son lot d’explications. 

Du 'Blitz' allemand aux attentats de l’IRA

"Cette faculté de résilience britannique vient des années 1940 et de la Seconde guerre mondiale avec le 'Blitz' (l’intense campagne menée dans le pays par l’aviation allemande en 1940 et 1941, ndlr), durant laquelle les bombardements étaient incessants", rappelle Philippe Chassaigne, professeur d’Histoire contemporaine et spécialiste du Royaume-Uni. 


"Preuve en est le slogan que martelaient les autorités : 'London can take it'. Ce qui signifie que 'Londres peut encaisser'."Cette période bien qu’embellie par le pouvoir, a permis de façonner "le récit fondateur d’une conscience collective", continue l'auteur de  "Londres, la ville-monde" (co-écrit avec Marie-Claude Esposito, publié aux Editions Vendémiaire). 


Une conscience collective qui sera remise à l’épreuve trente ans plus tard. "Dès 1973, nous détaille Philippe Chassaigne, Londres se retrouve à nouveau cible des bombes. Celles de l’IRA (l’Armée républicaine irlandaise) en l’occurrence. Dans les années 1970, 1980 et 1990, les indépendantistes irlandais multiplient les attentats et forcent les Londoniens à vivre au rythme des attaques. Mais ces derniers, pour ne pas dévoiler leurs faiblesses, préfèrent ne pas céder à la peur." 

Juillet 2005, dernière preuve de la résilience londonienne

Flegmatiques et (presque) imperturbables, les habitants de capitale britannique le seront encore quelques années plus tard, lors des tragiques attentats du 7 juillet 2005, où 52 personnes perdirent la vie et plus de 700 furent blessés. "J’étais à Londres à l’époque", nous raconte Philippe Chassaigne. "Et si l’on sentait que les Londoniens cherchaient à s’informer, il n’y avait aucune forme de panique collective, même tout près de là où avaient eu lieu certaines explosions." 


Passé le choc, les Britanniques criaient d’ailleurs haut et fort leur détermination à résister et Tony Blair, Premier ministre à l’époque, ne manquaient pas de mettre en lumière "le stoïcisme et la résilience" de ses concitoyens. 


Un stoïcisme dont les Londoniens ont, semble-t-il, de nouveau envie de faire preuve ce jeudi. Et ce peut-être d’autant plus que c’est le symbole de la démocratie – le Parlement – qui a été visé mercredi. "Comme avec les nazis lors de la Seconde guerre mondiale, il y a, chez les terroristes islamistes, une volonté de s’attaquer au mode de vie occidental et à l’idée de liberté", relève Philippe Chassaigne. Mais comme lors du dernier conflit planétaire, les Britanniques n’entendent pas se laisser faire, car ils habitent, comme l'a déclaré le maire Sadiq Khan jeudi soir : "Nous montrons au reste du monde que nous sommes la plus grande ville du monde". 

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