Attentat au marché de Noël de Berlin : Angela Merkel sous le feu des critiques

ADVERSITÉ – "Horrifiée, choquée et très triste" selon ses propres dires, la chancelière allemande n’en est pas moins sous le feu des critiques après l’attentat au camion-bélier perpétré lundi soir contre un marché de Noël à Berlin. Alors que l'identité et l'origine de l'auteur des faits ne sont toujours pas connus, ses détracteurs lui reprochent à nouveau sa généreuse politique d’accueil de réfugiés.

L’attentat de Berlin va-t-il faire vaciller Angela Merkel ? Rien n’est moins sûr. Mais alors qu’au moins douze personnes sont mortes et une cinquantaine d’autres blessées lundi soir à Berlin dans l’attaque au camion-bélier contre le marché de Noël de la Breitscheidplatz, la chancelière allemande se retrouve plus que jamais sous le feu brûlant des critiques. Sans attendre de confirmation des autorités sur l'origine ou les motivations du conducteur du poids lourd, les opposants à la cheffe du gouvernement ont fait d’elle leur principale coupable. 


Les détracteurs de celle que les Allemands surnomment affectueusement "Mutti" (Maman) lui reprochent en effet de manière de plus en plus véhémente sa généreuse politique d’accueil en faveur des migrants. Ils estiment que la dirigeante a mis en danger son pays en ouvrant ses portes en 2015 à près de 900.000 réfugiés fuyant la guerre et la misère, auxquels se sont ajoutés 300.000 personnes supplémentaires arrivées en 2016. 

L’AfD, Pegida et même la CSU en embuscade

Des réfugiés pour la plupart originaires du monde musulman (Syrie, Irak, Afghanistan…), ce qui a eu pour effet de renforcer l’animosité de l’Alternative für Deutschland (AfD) ou de Pegida, partis ou mouvements populistes et islamophobes assumés, envers la chancelière. "Ce sont les morts de Merkel", a ainsi dénoncé après l'attentat de lundi l'un des responsables l’AfD, Marcus Pretzell. "L'Allemagne n'est plus sûre" face "au terrorisme de l'islamisme radical", a renchéri la figure de proue du parti, Frauke Petry.

Nous devons à présent nous interroger sur les risques que l'arrivée d'un grand nombre de réfugiés dans le pays suscite pour nousJoachim Herrmann, ministre de l'Intérieur de Bavière

Mais les critiques ne se limitent pas à la droite populiste. Le carnage de Berlin a réveillé celles de la branche bavaroise du parti conservateur (CDU) d'Angela Merkel, la CSU, qui depuis plus d'un an dénonce l'arrivée des réfugiés et réclame, sans résultat jusqu'ici, qu'un plafond annuel soit fixé sur le nombre de demandeurs d'asile autorisés à entrer en Allemagne. "Nous devons à présent nous interroger sur les risques que l'arrivée d'un grand nombre de réfugiés dans le pays suscite pour nous", a averti le ministre de l'Intérieur de Bavière, Joachim Herrmann. 


Selon lui, l'opinion ne peut accepter "que l'on continue avec une situation où nous avons des risques accrus d'attentats provenant de personnes inspirées par l'islamisme radical."

Merkel reconnaît que le coup est rude

"Je sais que cela serait pour nous particulièrement difficile à supporter s'il se confirme que cet acte a été commis par une personne qui a demandé à l'Allemagne protection et asile", a réagi Angela Merkel ce mardi matin dans sa première prise de parole depuis le carnage de la veille. "Ce serait particulièrement odieux pour tous ces Allemands qui sont engagés jour après jour pour aider les réfugiés et pour tous ces gens qui ont besoin de notre protection chaque jour et s'efforcent de s'intégrer."


La chancelière craint-elle de voir sa popularité s’éroder et son éventuel quatrième mandat compromis ? Si elle a déjà entrepris récemment un changement de cap et un durcissement de ton en matière d’immigration, la cheffe de file de la CDU pourrait bien être obligée de poursuivre en ce sens afin d’endiguer la fulgurante progression de l’AfD. Une progression qui affecte directement le score de son parti, selon les derniers sondages publiés outre-Rhin. Alors qu’une campagne difficile lui était déjà promise de longue date, l’attentat de Berlin pourrait bel et bien finir par faire vaciller Angela Merkel. 

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