Attentat dans une mosquée en Egypte : ce que l'on sait de l'attaque qui a fait au moins 305 morts

International
DirectLCI
ATTENTAT - Au moins 305 fidèles qui assistaient à la prière hebdomadaire dans une mosquée de l'est de l'Egypte ont été tués vendredi par des hommes armés, selon le dernier bilan communiqué par le parquet égyptien. 27 enfants font partie des victimes.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans l'histoire récente de l'Egypte. Au moins 305 personnes, dont 27 enfants, sont mortes vendredi 24 novembre dans l'attaque d'une mosquée dans le nord du Sinaï, selon le dernier bilan communiqué samedi par le procureur général égyptien. 


Le précédent bilan faisait état de 235 morts et de 109 blessés. Trois jours de deuil national ont d'ores et déjà été déclarés, tandis que les dirigeants du monde entier ont tenu à apporter leur soutien et leurs condoléances après ce qui pourrait se révéler être l'attentat le plus sanglant perpétré sur le sol égyptien. 


On fait le point sur ce que l'on sait... 

Que s'est-il passé ?

L'attentat s'est produit dans le village de Bir al-Abed, à 40km à l'ouest d'Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï, une région où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique. Vendredi, des témoins ont déclaré que les assaillants, venus en 4x4, avaient encerclé la mosquée et qu'ils avaient ensuite posé une bombe à l'extérieur du bâtiment. 


Après qu'elle ait explosé, les hommes armés ont fauché les fidèles paniqués qui tentaient de fuir et mis le feu aux véhicules de ces derniers afin de bloquer les routes menant à la mosquée.


La télévision publique a montré les images de nombreux corps recouverts de couvertures à l'intérieur du lieu de culte, qui était comble en ce jour de grandes prières du vendredi. "Ils tiraient sur les fidèles fuyant la mosquée. Ils tiraient aussi sur les ambulances", a déclaré un habitant dont plusieurs proches ont été témoins de la fusillade.

Qui était visé ?

La chaîne d'information panarabe Al-Arabia et plusieurs sources locales ont déclaré que certains des fidèles étaient des musulmans soufis, considérés par l'Etat islamique et d'autres groupes islamistes radicaux comme des apostats. 


Dans cette région, les djihadistes se sont de plus en plus tournés vers des cibles civiles, attaquant non seulement des chrétiens et des soufis mais aussi des habitants bédouins du Sinaï accusés de collaborer avec l'armée. En février, les chrétiens d'Al-Arich ont fui en masse leur région après une série d'attaques violentes visant leur communauté. Depuis moins d'un an, plus de 100 chrétiens, essentiellement des Coptes, ont été tués dans des attentats contre des églises ou des attaques ciblées dans le Sinaï et à travers le pays.

Qui sont les responsables ?

L'attaque n'a pour le moment pas été revendiquée, mais tous les yeux se tournent vers la branche égyptienne de l'Etat islamique qui mène régulièrement des attaques contre les forces de sécurité dans la péninsule du Sinaï, bordant Israël et la bande de Gaza palestinienne. L'AFP note en revanche que la fréquence et l'ampleur de ces attaques contre les militaires ont diminué au cours de l'année écoulée.

Quelles sont les réactions politiques ?

Dans un communiqué, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a condamné un "crime horrible qui confirme que la vraie religion de l'islam est innocente par rapport à ceux qui épousent l'idéologie terroriste extrémiste". Dans un message envoyé à son homologue égyptien, le président russe Vladimir Poutine a évoqué une attaque frappante "par sa cruauté et son cynisme", selon un communiqué du Kremlin. 


Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déploré sur Twitter un "ignoble attentat" alors que son homologue britannique Boris Johnson s'est dit "profondément attristé par (...) cet acte barbare". De son côté, le président américain Donald Trump a dénoncé une attaque terroriste "horrible et lâche" contre des travailleurs innocents et sans défense".

Quelle riposte ?

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a promis de réponse avec "une force brutale" à l'attentat. Quelques heures plus tard, les forces aériennes ont procédé à des bombardements qui ont détruit des 4x4 utilisés par les terroristes, dans un communiqué cité par le quotidien Ahram, le porte-parole de l'armée indique également que les personnes présentes à l'intérieur des véhicules ont été abattues. "Les forces de l'ordre du Nord-Sinaï restent en coopération avec les forces aériennes pour repérer les cachettes terroristes et trouver puis éliminer le reste des extrémistes", rajoute le communiqué. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter