Attentat de Berlin : l'antiterrorisme allemand sur la sellette pour avoir sous-estimé la dangerosité d'Anis Amri

Attentat de Berlin : l'antiterrorisme allemand sur la sellette pour avoir sous-estimé la dangerosité d'Anis Amri
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TERRORISME – Selon un média allemand, le centre de lutte antiterroriste du pays a eu de nombreux indices faisant état de la dangerosité d'Anis Amri. Mais il a finalement jugé peu probable qu’il commette un attentat.

Déjà lourdement critiqués, les services antiterroristes allemands doivent faire face à de nouvelles révélations sur leur gestion du cas Anis Amri, l'auteur présumé de l'attentat de Berlin. Le quotidien Süddeutsche Zeitung a en effet révélé ce jeudi que le centre de lutte antiterroriste a traité à de nombreuses reprises le dossier du Tunisien, pour finalement décider qu’il était peu probable qu’il passe à l’acte.

Reprenant des rapports dont le dernier date du 14 décembre (soit cinq jours avant l’attaque ayant fait 12 morts), le journal indique que les autorités étaient au courant des contacts étroits d'Anis Amri avec les milieux djihadistes allemands. La police de Dortmund l’avait même classé comme "sympathisant (de l') État islamique".

Il fréquentait une école islamiste soupçonnée de préparer les candidats au djihad

Les enquêteurs savaient par ailleurs qu’Anis Amri avait recherché sur internet comment fabriquer une bombe tuyau. Il avait même proposé ses services comme kamikaze, probablement à un membre de Daech, lors d’une discussion en ligne. Les services allemands avaient également établi qu’il disposait d’au moins huit identités et circulait librement sur le territoire allemand.

Sa fréquentation d’une école islamique de Dortmund à la très mauvaise réputation était elle aussi connue. Cette école est soupçonnée de préparer les futurs djihadistes à rejoindre l’État islamique en Irak et en Syrie. Celle-ci était dirigée par un ressortissant germano-serbe arrêté en novembre lors d’un coup de filet ayant démantelé un réseau de recrutement présumé à la tête duquel se trouve "Abou Walaa", surnommé "le prédicateur sans visage" (car il apparait toujours de dos sur ses vidéos).

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Malgré sa dangerosité, la police perd sa trace en novembre

Malgré tous ces éléments, le centre antiterroriste allemand avait attribué à Anis Amri la note de 5 sur une échelle allant de 1 à 8, du plus dangereux au moins dangereux. Selon le Süddeutsche Zeitung, cette note signifie "qu’un acte de violence est peu probable". Le rapport du 14 décembre révèle également que malgré une "expérience (du fonctionnement) de la police" et de "la conspiration" inhabituelle d’Amri, même pour un islamiste radical, les services antiterroristes ont perdu sa trace en novembre.

Quelques jours après l’attentat, les autorités allemandes avaient déjà admis que le Tunisien était connu des services et classé comme potentiellement dangereux. Soupçonné de préparer un attentat, il avait été placé sous surveillance policière, avant que l’affaire ne soit classée faute d’éléments suffisants.

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Par ailleurs, le quotidien allemand révèle également qu’Amri a envoyé un sms quelques minutes avant de foncer dans la foule disant "mon frère prie, tout va bien, Dieu le veut, je suis dans la voiture, prie pour moi". Un message qui semble accréditer la thèse d’une complicité. C'est sur cette piste que les enquêteurs concentrent leurs effort depuis une semaine, sans succès pour le moment.

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