Attentat de Berlin : pourquoi les policiers italiens qui ont tué Anis Amri ne seront pas honorés par l’Allemagne

REVIREMENT – Après avoir un temps envisagé d’honorer les policiers italiens ayant abattu l’auteur de l’attentat de Berlin, les autorités allemandes se sont ravisées, affirme ce mercredi The Guardian. En cause : des posts plus que douteux, à la gloire du fascisme et d’Hitler notamment, découverts sur leurs réseaux sociaux.

Fallait-il honorer les deux policiers italiens ayant tué l’auteur de l’attentat au camion-bélier à Berlin ? Pour l’Allemagne, la réponse est non. Citant une source proche de l’enquête, The Guardian rapporte en effet ce mercredi que le gouvernement allemand a pourtant un temps envisagé de récompenser Luca Scata et Cristian Movio de la médaille allemande du mérite (Bundesverdienstkreuz), une prestigieuse distinction outre-Rhin. Mais les autorités se sont rapidement ravisées. 


La raison ? Le comportement des deux hommes sur les réseaux sociaux. Outre le partage régulier d’articles provenant d’un site de la fachosphère italienne répertoriant des crimes attribués aux immigrés, le quotidien transalpin en ligne Il Post explique en effet que plusieurs photos ou messages ont été recensés sur les différents comptes des policiers. 

Un an avant d’abattre Anis Amri devant la gare de Sesto San Giovanni à Milan, Luca Scata, 29 ans, avait ainsi posté une photo sur Instagram le montrant en train de faire un salut nazi, poursuit le Guardian. Le cliché était accompagné de ce hashtag : #romanosaluto  ("#salutromain", ndlr). Référence au geste que le parti fasciste de Benito Mussolini avait adopté comme signe distinctif avant qu'il ne soit tristement propagé par les partisans d’Adolf Hitler. 


Dans une publication du 25 avril, date correspondant de la libération de la Péninsule et de la fin de l'occupation nazie, Luca Scata se disait, selon La Stampa, "du côté de l'Italie, de ces Italiens qui ne l'ont pas trahie ni abandonnée". 


Même chose ou presque pour Cristian Movio, qui avait été blessé à l'épaule lors de la fusillade du 23 décembre dernier. En 2014, le policier de 36 ans affichait par exemple sur son compte Facebook un cliché d'une bouteille de Coca-Cola portant le nom "Adolf" avec, juste en-dessous, un portrait d'Hitler et ces mots : "Thanks bro" ("Merci frère", ndlr). On comprend mieux le revirement des autorités allemandes. 

En Allemagne, les policiers ne seraient pas ainsi décorés pour avoir simplement rempli leur devoirUn porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur

Interrogé sur l’éventualité d’une récompense, un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur a déclaré ne pas savoir si les deux hommes seraient décorés  ou non. Mais, comme pour éluder la question, il a cependant confié qu’"en Allemagne, les policiers ne seraient pas ainsi décorés pour avoir simplement rempli leur devoir".


Le député allemand Stefan Mayer, membre du parti de de la CSU, la branche bavaroise du parti (CDU) d’Angela Mekel, s’est lui montré plus explicite en estimant dans les colonnes de Bild que si le gouvernement avait refusé d’honorer les officiers, la décision était "absolument justifiée compte tenu de leurs opinions néo-fascistes".

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