Attentat de Dacca : pourquoi le Bangladesh a-t-il été visé ?

Attentat de Dacca : pourquoi le Bangladesh a-t-il été visé ?

Le massacre d'otages étrangers ce week-end a mis en lumière l'ampleur du phénomène terroriste qui touche le pays. Sauf que le gouvernement préfère fermer les yeux et évoquer la spirale de violences contre des intellectuels et les minorités religieuses.

Istanbul, Bagdad, Dacca…En perte de vitesse sur ses terres entre la Syrie et l'Irak, le terrorisme islamiste a frappé tout azimut ces derniers jours. Bilan : près de 300 morts. Avec, pour la première fois, une attaque de grande ampleur dans la capitale du Bangladesh.

Vendredi soir, des hommes armés ont pris d'assaut un restaurant huppé situé dans le quartier diplomatique de Dacca, et tué 20 clients pour la plupart étrangers et à coups de machettes. Une attaque visant largement la petite communauté expatriée : sur les 20 otages tués, neuf étaient Italiens, sept Japonais, deux Bangladais, une Américaine et une étudiante indienne. Une cible "classique" de l'organisation Etat islamique, qui a revendiqué la prise d'otages et a diffusé des images macabres de corps baignant dans une mare de sang.

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Près de 8.000 personnes arrêtées dans le pays

Si elle a attiré l'attention des médias internationaux, cette prise d'otages néanmoins dans un contexte particulier au Bangladesh, où le quotidien est rythmé par des meurtres d'intellectuels et de membres de minorités religieuses. Début 2013, sept étudiants de la NSU ont par exemple tué à coups de machettes un blogueur athéiste Ahmed Rajib Haider. Selon l'accusation, ces étudiants s'étaient radicalisés via internet. D'autres attaques sont revendiquées par l'EI, sauf que le gouvernement nie la présence du groupe dans le pays. Un silence qui ne doit rien au hasard : selon des analystes, le Bangladesh ne veut pas admettre l'existence d'organisations djihadistes internationales sur son sol par crainte de faire fuir les investisseurs.

En outre, cette violence pourrait s'expliquer par le refus des autorités à laisser l'opposition prendre sa place sur la scène politique. Le principal parti islamiste est ainsi interdit de participation aux élections et la plupart de ses dirigeants sont en prison ou ont été exécutés après des procès pour leur rôle commis pendant la guerre d'indépendance de 1971 contre le Pakistan. La cheffe de l'opposition, Khaleda Zia, est quant à elle visée par des poursuites judiciaires pour son rôle dans les violentes manifestations anti-gouvernementales de 2014. Son parti avait boycotté les législatives la même année en raison des conditions d'organisation du scrutin.

Acculé, le gouvernement essaye tant bien que mal de prendre le problème de la violence à bras le corps. La police a annoncé la semaine dernière avoir arrêté quelque 8.000 personnes à travers le pays. "Seulement une partie des personnes arrêtées sont des membres de groupes islamistes", a détaillé un porte parole de la police. Une vague d'arrestation qui pourrait cependant radicaliser encore plus certains sympathisants de l'opposition et les pousser à la violence.

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