Attentat de Londres : "Ils ont commencé à poignarder cette fille. Elle criait 'Aidez-moi ! ' et je ne pouvais rien faire"

TÉMOIGNAGES - Ils ont vécu une nuit d'horreur samedi soir à Londres. Passant, restaurateur, touriste... Des témoins racontent l'horreur.

"J’ai vu un homme au sol qui criait : 'J’ai été poignardé, j’ai été poignardé'. J’ai vu que son bras était en sang. Son ami est passé : 'Quelqu’un a poignardé mon ami, quelqu’un a poignardé mon ami'. L’image d’après, ce sont ces trois hommes. Ils couraient avec des couteaux, en criant : 'C’est pour Allah !' et ils ont commencé à poignarder cette fille, et je ne pouvais rien faire." Gérard, habitant de Londre, se trouvait aux abords du London Bridge au moment de l'attaque survenue samedi soir. 

Il a raconté au Guardian comment une femme a été poignardée à une quinzaine de reprises lors de l'attaque. "Elle criait 'aidez-moi, aidez-moi' et je ne pouvais rien faire. Je veux savoir  si elle est encore en vie", a-t-il témoigné alors qu'il errait dans  la nuit, en larmes et inconsolable.


L'attaque de Londres est le troisième attentat qui frappe la Grande-Bretagne en moins de trois mois. De nombreuses personnes témoignent de l'horreur vécue samedi soir. "J’ai vu une camionnette rouler en zigzag en tentant de faucher un maximum de personnes. Les gens essayaient d’échapper à la course du véhicule. J’ai ensuite essayé d’aider les blessés, des jeunes essentiellement", a raconté un témoin, Alessandro, sur la BBC.

Mon petit ami, Nicola, a été pourchassé par un des assaillants avec un couteau. Il va bien car l’assaillant a fini par s’arrêter. Bea, 17 ans, une habitante de Londres

"Mon petit ami, Nicola, a été pourchassé par un des assaillants avec un couteau. Il va bien car l’assaillant a fini par s’arrêter. Je veux rentrer chez moi, c’est horrible", a décrit à l'AFP Béa, 17 ans. Sa tante était le 22 mai au concert d’Ariana Grande à Manchester, où un attentat-suicide revendiqué par Daech a fait 22 morts."Je viens de parler avec un chef cuisinier qui avait du sang sur l’épaule. Il était sous le choc. Il m’a dit que trois personnes avaient attaqué son restaurant avec des couteaux et des machettes", relate un autre passant, Gerard Kavanar, 46 ans, interrogé par l'AFP.

Les gens autour criaient pour trouver un médecin en clamant : 'Il pisse le sang, on a besoin d'un médecin'Owen Evans, un habitant de Londres, au Guardian.

Owen Evans se trouvait quant à lui dans un pub proche de Borough Market. "Une vague d'au moins 30 personnes a couru et a essayé de rentrer dans des placards ou dans la cave, raconte-t-il au Guardian. C'est là qu'il y a eu des tirs à l'extérieur. Cela ne semblait pas réel, comme quand un enfant s'amuse avec des pétards. On a vu des lumières de police et tout le monde est allé sous les tables. Les gens les retournaient. On a attendu au moins 10 minutes, il y avait des tirs toutes les deux minutes. Quelqu'un devant le pub a été touché. On pensait que c'était par accident, il y avait des impacts de balle dans les fenêtres. Les gens autour criaient pour trouver un médecin en clamant : 'Il pisse le sang, on a besoin d'un médecin". Ensuite, les policiers nous ont dit de quitter le pub et de fuir."

Il y avait un chauffeur de taxi qui a baissé sa fenêtre et qui criait aux gens de courirUn Londonien présent à Borough Market

Simon Thompson, lui, était présent aux abords du Borough Market. "J'étais juste à l'extérieur de Borough Market et j'ai vu beaucoup de gens fuir le marché. Il y a avait beaucoup de gens allongés sur le sol. Il y avait un chauffeur de taxi qui a baissé sa fenêtre et qui criait aux gens de courir. Nous avons couru sur peut-être 100 mètres, puis on a vu des tonnes de voitures de police se présenter. On a entendu une fusillade assez intense. Je me suis caché dans le sous-sol d'un restaurant pendant environ une heure. La police nous a dit de sortir et il y a eu encore plus de coups de feux."

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Londres : "Je me suis caché dans le sous-sol d'un restaurant pendant environ une heure"

On venait de lui trancher la gorge et les gens essayaient d’arrêter l’hémorragie.Alex Shellum, qui se trouvait dans un pub, interrogé par la BBC.

Avant que les services de secours n'arrivent sur les lieux du drame, les premiers secours ont été délivrés par les habitants et les clients des bars. Alex Shellum se trouvait dans un pub lors de l'attaque. "On était au Mudlark pub avec ma copine et deux amis lorsqu’on a vu arriver à 22h une femme saignant abondamment au cou. On venait de lui trancher la gorge et les gens essayaient d’arrêter l’hémorragie", a déclaré ce Londonien à la BBC.  

On nous a demandé de ramper sur le sol pour sortir du bus en nous disant de courir vite pour retourner au début du pontUne Française présente à Londres

Cette Française se trouvait quant à elle à bord d'un bus touristisque qui circulait sur le London Bridge (voir la vidéo ci dessous) : "Il était exactement 22h08. Je le sais car malheureusement c’est la dernière photo que j’ai prise avant de voir le premier corps. Nous avons d'abord pensé avec les autres passagers qu'un cycliste ou un piéton avait été renversé par une voiture, comme cela pourrait arriver. Malheureusement, quelques mètres plus loin, on a aperçu un deuxième corps au sol. En tournant la tête de l'autre côté du bus, encore un peu plus loin, on a vu un troisième corps au sol. Il n'y avait pas encore de secouristes. Des passants plaçaient les personnes en position latérale de sécurité. Une autre personne était en train de faire un massage cardiaque. Le bus a continué de rouler. Arrivé au bout du pont, le bus s'est arrêté. On a continué à voir des corps sur le sol. Là, c'était la panique, car on a commencé à comprendre ce qu'il s'était passé. On nous a demandé de nous accroupir pour nous cacher. C'était un bus sans toit. On nous a demandé de rester immobile, pendant deux minutes, puis on nous a dit de ramper sur le sol pour sortir du bus en nous disant de courir vite pour retourner au début du pont."

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Londres : "J'avais ma fille qui me hurlait : "maman je ne veux pas mourir'"

Les adultes étaient vraiment très choqués. Les enfants, je crois qu'ils ne comprenaient pas vraiment ce qu'il se passaitUn restaurateur londonien

Ce restaurateur londonien a abrité des passants qui fuyaient : "On voit le London Bridge depuis la terrasse de notre restaurant. On a vu des gens crier et courir pour s'échapper. On a commencé à regarder ce qu'il s'était passé et on a vu que des gens avaient été renversés. Vingt minutes plus tard des gens sont arrivés en courant dans notre restaurant pour se cacher. Ils nous ont raconté que le véhicule s'est crashé juste devant eux et qu'il avait tué des gens sous leurs yeux. Ils ont tout simplement couru, ils étaient neuf, quatre adultes et cinq enfants. Les adultes étaient vraiment très choqués. Les enfants, je crois qu'ils ne comprenaient pas vraiment ce qu'il se passait. Nous sommes restés pendant une heure à attendre."

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Londres : "C'était des fous, qui avaient des couteaux et qui tuaient les gens"

Un autre restaurateur, dont l'établissement se situe tout proche du London Bridge, témoigne lui-aussi de l'horreur et de la détermination des assaillants : "C’était des fous, qui avaient des coûteaux et qui ont tué les gens, comme ça. Ils n'en avaient rien à faire."

C’étaient des hommes, autour de 25 ans, peut-être plus jeunesUn témoin de la scène, qui a aperçu les terroristes.

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Attentat de Londres : "Je les ai vus de dos, je savais que ce n'était pas des policiers"

"Je dirais qu’ils étaient jeunes, c’étaient des hommes, autour de 25 ans, peut-être plus jeunes, tous habillés en noir, avec des sweats à capuche, des cheveux soirs, se souvient un passant, présent lors de l'attaque. Cet autre témoin était lui présent dans un pub lorsque les trois assaillants ont fait irruption. "Dès que les trois hommes sont entrés, on a tous fui, clients et salariés, vers l’arrière du restaurant. J’ai sauté un mur et je me suis caché dans la poubelle. J’ai dû rester à l’intérieur trente ou trente-cinq minutes. A l’intérieur, j’entendais tout : les tirs, les cris, les pleurs..."

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