Attentat de New York : l’Ouzbékistan, pays d'origine de nombreux jihadistes

FOYER - L'Ouzbékistan, d'où serait originaire l'auteur de l'attentat à la camionnette de New York, a vu émerger dès les années 1990 un mouvement islamiste radical. Des Ouzbeks ont été impliqués dans plusieurs attentats ces dernières années aux quatre coins du monde.

C’est dans la petite ville de Paterson, située à 60 km de New York dans le New Jersey, que Sayfullo Saipov vivait avec sa femme et ses enfants. Cet homme de 29 ans, suspecté d’avoir commis ce mardi le premier attentat à New York depuis le 11-Septembre, était arrivé aux Etats-Unis en 2010 depuis l’Ouzbekistan. Un pays qui a vu émerger dès les années 1990 un mouvement islamiste radical.


Une mouvance qui a coïncidé avec l'indépendance du pays, en 1991. Cette année-là, le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) apparaît dans une vallée peuplée de 12 millions d'habitants, la vallée de Ferghana, située dans l'est du pays. Elle englobe également une partie des territoires kirghiz et tadjik. De 1992 à 1997, le MIO sera accusé d'être à l'origine d'une série de meurtres perpétrés dans la vallée de Ferghana. L'organisation tentera d'y introduire la loi islamique et lancera même une offensive en 2000 dans le sud de l'Ouzbékistan.

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L'Ouzbekistan et le jihadisme

Sévèrement réprimé à partir de 1998 par Islam Karimov, qui a dirigé d’une main de fer le pays de 1989 à 2016, le MIO rejoint les talibans en Afghanistan, avant de prêter allégeance au groupe Etat islamique (EI) en 2015. Une allégeance qui coincide avec plusieurs attentats : le Mouvement islamique d'Ouzbékistan a par exemple pris part à la sanglante attaque contre l'aéroport pakistanais de Karachi, qui a fait 37 morts en juin 2014.


Mais surtout, des islamistes ouzbeks ont fait parler d'eux à l'étranger. Abdulkadir Masharipov, l'auteur présumé de l'attentat revendiqué par l'EI contre une boîte de nuit d'Istanbul ayant fait 39 morts la nuit de la Saint-Sylvestre, est ainsi de nationalité ouzbèke. S'il est né au Kirghizstan et possédait la nationalité russe, Akbarjon Djalilov, l'auteur présumé de l'attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg qui a fait 14 morts en avril, était pour sa part ethniquement ouzbek.


Des attaques loin du sol ouzbek qui ne doivent rien au hasard. Comme les autres pays d'Asie centrale - Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan et Kazakhstan -, les sombres perspectives économiques et la corruption ont en effet poussé beaucoup de jeunes hommes à l’exil, principalement en Russie. Parmi eux, certains ont été tentés de rejoindre des groupes radicaux. Selon les services de sécurité russes, entre 2.000 et 4.000 ressortissants d'Asie centrale ont ainsi rejoint les rangs des organisations jihadistes en Irak et en Syrie, qu'il s'agisse de l'EI ou de la branche syrienne d'Al Qaïda. Et les citoyens ouzbeks, ou les Ouzbeks ethniques vivant dans les pays voisins, forment un des plus gros contingent : les estimations des experts varient de 500 à plus de 1.500, même si l'Ouzbékistan n'a jamais publié de chiffres sur ses ressortissants ayant rejoint les jihadistes.

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