Attentat de Nice, instabilité en Turquie : deux bonnes nouvelles pour Daech

Attentat de Nice, instabilité en Turquie : deux bonnes nouvelles pour Daech
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TERRORISME - Dans la guerre entre la coalition internationale et le groupe Etat islamique, ces dernières 48h ont été favorables aux djihadistes. Deux de ses pays ennemis ont été profondément secoués.

La France meurtrie en son jour de fête de nationale. Et derrière Daech. L'organisation terroriste a revendiqué ce 16 juillet l'attentat de Nice qui a causé la mort de 84 personnes. La preuve - s'il en fallait - que les messages de haine et les appels aux meurtres de l'organisation sont bien reçus par certains individus.

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Mais Daech s'est certainement aussi réjoui du capharnaüm en Turquie. Ce 15 juillet, des putschistes au sein de l'armée ont essayé de renverser le gouvernement , créant une situation chaotique dans laquelle 265 personnes sont mortes. Ce samedi, la fermeture de l'espace aérien a ainsi empêché les avions américains de mener leurs opérations contre Daech.

"Daech a gagné"

Pour le spécialiste du terrorisme Jean-Pierre Filiu sur France 2 , "Daech a gagné". Car depuis le mois de juin, des pays comme l'Arabie Saoudite, l'Irak, les Philippines et les Etats-Unis ont également été touchés. "Tant qu'on ne conçoit pas cette vision planétaire et tant que l'on croit (...) que Daech recule (...), et bien Daech finit par gagner et garde l'initiative", a-t-il conclu sur le plateau de Laurent Delahousse.

Ce samedi, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a réaffirmé le combat contre Daech "là où il est", en Hexagone comme à l'extérieur, notamment en Syrie et en Irak. Et pour cela, la Turquie joue un rôle de base arrière.

La Turquie, nouvelle cible ?

Le groupe Etat islamique a frappé la Turquie à plusieurs reprises cette année. Une première fois le 12 janvier lors d'un attentat suicide dans le cœur historique d'Istanbul qui fait douze morts, une deuxième le 19 mars, lors d'un attentat suicide sur l'avenue Istiklal d'Istanbul qui a provoqué la mort de trois Israéliens et un Iranien.

Enfin, le 28 juin dernier, 47 personnes sont tuées dans un triple attentat suicide à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul. Le Premier ministre Binali Yildirim affirmait alors que "les indices pointent vers Daech".

Pourquoi l'État islamique ciblerait-il désormais la Turquie ? Pour deux raisons : le pays a changé de stratégie sous la pression internationale. Longtemps complaisantes avec Daech, les autorités turques ont permis le passage des djihadistes et le commerce de pétrole à la frontière turco-syrienne. Mais depuis le début de l'année, les forces de sécurité renforcent leurs contrôles sur toute la zone frontalière entre Sanliufra et Antioche, et ferment même des accès.

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Autre changement, diplomatique cette fois, le président turc a décidé il y a près d'un an de rejoindre officiellement la coalition internationale anti-Daech. L'armée turque bombarde ainsi directement des positions de l'État islamique en Syrie qui ne manque pas de répondre par des tirs d'obus. Les Turcs ont enfin pris conscience du danger que représente l'organisation sur leur territoire et ont multiplié les coups de filet dans les milieux djihadistes.

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