Attentat de Noël déjoué à San Francisco : un coup de fil du FBI aurait pu faire tout capoter

Attentat de Noël déjoué à San Francisco : un coup de fil du FBI aurait pu faire tout capoter

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DRAME ÉVITÉ - Un conducteur de dépanneuse soupçonné de vouloir organiser une attaque avant Noël dans la ville de Californie du Nord a été inculpé de tentative de soutien à une organisation terroriste. Il a expliqué à des agents sous couverture qu'il voulait s'attaquer à la foule sur la jetée aménagée en centre commercial. Mais un coup de fil du FBI a bien faire tout capoter.

C'est un symbole touristique de San Francisco qui était visé en pleines des fêtes de Noël. Le FBI a arrêté vendredi un ancien Marine américain accusé d'avoir voulu s'en prendre au "Pier 39", célèbre jetée aménagée en centre commercial et haut-lieu touristique de la ville, selon un procès-verbal transmis par la police fédérale. Inculpé pour tentative de soutien matériel à une organisation terroriste étrangère, Everitt Aaron Jameson, un chauffeur de camion de 26 ans, risque vingt ans de prison. 

Approbateur de l'attentat du 31 octobre à New York

Il avait choisi l'endroit car "il s'y était déjà rendu auparavant et savait que c'était un endroit où la foule était nombreuse", a-t-il expliqué aux enquêteurs, précisant vouloir agir entre les 18 et 25 décembre, parce que "Noël est le jour parfait pour commettre un attentat". "Il était surveillé par les forces de l'ordre, le danger n'a jamais été imminent pour le public", a précisé le FBI dans un communiqué. Il avait notamment fait part de ses intentions à un agent du FBI sous couverture qu'il pensait être un membre important de l'EI. 


Dans sa maison perquisitionnée ce mercredi, des agents du FBI auraient trouvé son testament, ses dernières volontés, plusieurs armes et des munitions. Selon la plainte déposée devant un tribunal fédéral de Californie, le suspect avait "épousé des croyances djihadistes radicales, et était notamment auteur de messages qui soutenaient le terrorisme sur les réseaux sociaux". Il s'était notamment réjoui de l'attentat du 31 octobre à New York, quand un djihadiste a percuté la foule avec son camion, faisant huit mots, d'après le FBI. Il "aimait" aussi des messages de soutien à l'EI sur Facebook. 

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Un projet d'attentat préparé depuis une cellule de prison déjoué, une première en France

"Mon fils ne ferait de mal à personne"

Le suspect avait suivi un entrainement avec le corps des Marines en 2009. Il y avait reçu un diplôme de "tireur d'élite", selon le FBI, avant d'être congédié quand les Marines se sont aperçus qu'il n'avait pas signalé ses problèmes d'asthme. 


Selon le Sacramento Bee,  les deux enfants du suspect ont été placés dans une famille d'accueil tandis que son ancienne femme, Ashley Jameson, est en prison. Dans une interview accordée au journal local, le Merced Sun Star, le père du suspect, Gordon Jameson, décrit son fils comme une personne "gentille". "Je ne sais pas grand chose sur cette affaire parce que le FBI ne me dit pas grand chose, mais je sais que mon fils ne ferait de mal à personne. Il ne ferait pas ça à des innocents", a-t-il déclaré.

Un coup de fil bien maladroit du FBI

 Dans le procès verbal qui révèle l'existence de ce projet d'attentat, on apprend par ailleurs q'un coup de fil du FBI aurait pu faire tout capoter. Everitt Aaron Jameson avait en effet exposé ses projets d'attentat à un agent du FBI sous  couverture, qu'il pensait être un éminent membre du groupe jihadiste. Les deux hommes s'échangeaient des messages, dans lequel le suspect  répétait sa motivation: "N'importe quoi. Dis leur n'importe quoi... Je suis  prêt. Donne le feu vert et ce sera fait".

L'agent a toutefois reconnu une erreur de la part du FBI. Le lundi 18  décembre, dit-il, un employé de la police fédérale a appelé Everitt Aaron  Jameson sur son portable avec son numéro qui affichait le préfixe téléphonique  de la capitale Washington. Il a raccroché immédiatement lorsque le suspect a  répondu. Ce dernier a alors rappelé et est tombé sur la boîte vocale de l'employé,  qui mentionnait son nom mais pas le FBI.    Ce même soir, l'aspirant jihadiste a dit à l'agent sous couverture: "Je ne  pense que je puisse le faire tout bien réfléchi. J'ai changé d'avis". Les  policiers l'ont arrêté vendredi.

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