Attentat déjoué en Allemagne : polémique après le suicide en prison du suspect syrien

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SUICIDE - Jaber al-Bakr, fugitif syrien arrêté en Allemagne lundi, a mis fin à ses jours en prison. Il était soupçonné de préparer un attentat contre l'aéroport de Berlin. Une mort qui risque de paralyser l'enquête.

Le suicide du fugitif syrien, arrêté en Allemagne lundi 10 octobre et qui a mis fin à ses jours en prison mercredi, a déclenché une vive polémique outre-Rhin. Jaber al-Bakr, soupçonné de préparer un attentat contre l'aéroport de Berlin, avait pourtant été placé sous surveillance 24h/24 en raison du risque élevé de suicide ou de grève de la faim.


Ce jeudi 13 octobre, les autorités allemandes devaient s'expliquer sur ce fiasco. Car al-Bakr mort, l'enquête risque de s'en trouver paralysée. Le gouvernement régional de Saxe (est), où se trouve la prison de Leipzig dans laquelle Jaber al-Bakr résidait, a prévu une conférence de presse vers 09h GMT. Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a appelé à une enquête "rapide et complète".

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"Scandale judiciaire"

Dans cette affaire, le suicide de Jaber al-Bakr n'est pas le seul raté. La police avait déjà manqué son arrestation samedi. Il avait finalement été remis, ligoté, aux autorités dans la nuit de dimanche à lundi par trois réfugiés syriens. Retrouvé pendu dans sa cellule de l'infirmerie, les autorités pénitentiaires assure pour autant que le suspect syrien ne présentait pas un risque de suicide "imminent".


"Je suis incroyablement choqué et absolument stupéfait que cela ait pu se produire", a déclaré son avocat commis d'office, Alexander Hübner, qualifiant l'affaire de "scandale judiciaire" son client étant en grève de la faim depuis son incarcération et ayant tenté de s'électrocuter. "C'est un véritable cauchemar", a renchérit un responsable du parti de la chancelière Angela Merkel (CDU), Wolfgang Bosbach.

Zones d'ombre

Les interrogatoires réalisés avant sa mort n'ont pas fait la lumière sur la totalité de son projet. Jaber al-Bakr aurait seulement accusé les compatriotes qui l'ont neutralisé d'être des complices. Mais les autorités sont restées prudentes, n'excluant pas une vengeance envers ces trois hommes fêtés comme des héros en Allemagne. Ils ont été félicités par la chancelière Angela Merkel et plusieurs voix se sont élevées pour les faire décorer.


Du coup, le parcours du suspect reste entaché de zones d'ombre. Il aurait passé cette année "plusieurs mois" en Turquie, selon des médias allemands et serait revenu "fin août" avec une "grande quantité de dollars". Les enquêteurs ne savent cependant pas ce qu'il y a fait où s'il s'est rendu en Syrie voisine.

La surveillance des terroristes en question

L'Allemagne n'est pas le seul pays à devoir faire face à des terroristes, arrêtés avant de commettre un attentat-suicide. Leur surveillance est d'autant plus importante. Jaber al-Bakr était, selon le quotidien populaire Bild, contrôlé une fois par heure seulement.


En France, Salah Abdeslam, membre présumé du commando des attentats de Paris du 13 novembre 2015, est ainsi détenu à l'isolement depuis avril et placé sous vidéosurveillance 24h/24. Ce dispositif très contraignant a été validé par la justice française en raison du "caractère exceptionnel des faits terroristes" qui lui sont reprochés.

VIDÉO - Allemagne : le fugitif syrien arrêté

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Allemagne : le fugitif syrien soupçonné de préparer un attentat a été arrêté

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