Attentat d'Istanbul : la Turquie prise en tenaille entre la rébellion kurde et Daech

Attentat d'Istanbul : la Turquie prise en tenaille entre la rébellion kurde et Daech
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DECRYPTAGE - Au lendemain de l'attentat qui a causé la mort de 41 personnes, aucune information n'a été fournie sur les kamikazes. Si les autorités évoquent la piste du groupe Etat islamique, les rebelles kurdes pourraient également être responsables. Deux groupes aux revendications différentes mais qui ont plongé la Turquie dans la terreur depuis un an.

Au moins 41 morts et 239 blessés. C'est le terrible bilan qui, ce mercredi, tourne en boucle à la télévision turque après le triple attentat à l'aéroport d'Istanbul. Des images de carnage qui reviennent trop souvent à la une de l'actualité : depuis juillet 2015, le pays a déjà été ciblé une dizaine de fois. Des attaques qui ne sont pas toujours revendiquées, mais attribuées soit aux djihadistes du groupe Etat islamique, soit aux rebelles kurdes.

► Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), une émanation du PKK
Le 17 février et le 13 mars à Ankara, le 7 juin dans le quartier historique d'Istanbul… Ces derniers mois, ils sont responsables de trois attentats. Avec un point commun dans le choix de leur cible : des lieux touristiques. "Nous tenons à avertir les touristes étrangers en Turquie et ceux qui veulent s'y rendre : les étrangers ne sont pas notre cible mais la Turquie n'est plus un pays sûr pour eux", avait souligné au début du mois cette organisation, issue il y a une dizaine d'années d'une scission au sein du mouvement rebelle kurde, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Auteur d'attaques particulièrement meurtrières contre "la République turque fasciste", comme il la décrivait dans la revendication de l'attentat du 17 février, le groupe armé TAK est classé sur la liste des organisations terroristes par la Turquie, mais aussi les États-Unis et l'Union européenne. Le groupe a accusé le parti islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan d'être "responsable des pertes civiles" pour avoir "imposé une guerre brutale au peuple kurde", en riposte à l'offensive des forces de sécurité turques dans le sud-est contre les rebelles kurdes.

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 L'ambiguïté de Daech en Turquie
La piste du groupe Etat islamique a été plusieurs fois évoquée au fil des attentats qui ont endeuillé la Turquie ces derniers mois. Problème, les djihadistes n'ont jamais revendiqué la moindre attaque sur le sol turc. Et ce, même si celle-ci porte la signature de Daech : le mode opératoire, choix de la cible (aéroport ou lieu touristique), la logistique.

Des attaques "anonymes" qui pourraient s'expliquer par la place particulière de la Turquie dans l'histoire de Daech. Il s'agit en effet d'une cible logique, en raison de son implication dans la coalition internationale qui frappe la Syrie et l'Irak. Sauf que l'organisation a un besoin vital des 900 km de frontières entre les deux pays, plaque tournante de ses filiales de recrutement et lieu de passage pour la plupart de ses trafics. Une ambiguïté de plus en plus difficilement tenable, comme en témoigne l'attentat mardi soir à Istanbul.

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