Attentat d'Istanbul : les réseaux sociaux (encore) censurés

Attentat d'Istanbul : les réseaux sociaux (encore) censurés
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TURQUIE - Les autorités ont diffusé une interdiction de diffusion sur tous les médias, y compris les réseaux sociaux, des images de l’attaque qui s'est produite mardi soir à l'aéroport d'Istanbul. Objectif : éviter de "créer la panique et le chaos". Une censure désormais habituelle dans le pays.

La vidéo est saisissante. Mise en ligne peu après le triple attentat qui s'est déroulé mardi soir à l'aéroport d'Istanbul, on y voit l'un des kamikazes blessé par un tir de policier, se tordant sur le sol avant de déclencher sa ceinture d'explosif. Des images choquantes mais également rares : quelques heures après l'attaque, les autorités turques ont – une nouvelle fois - censuré les réseaux sociaux.

C'est en tout cas ce que rapportent plusieurs utilisateurs de Facebook, Instagram et Twitter. Ralentissements, voire accès bloqués, ces sites sont fortement perturbés ce mercredi. "Le gouvernement a bloqué Twitter et Facebook et ralenti l’Internet, impossible d’utiliser Internet sans VPN [un dispositif de contournement de la censure]", a raconté un consultant présent à Istanbul sur Twitter. Les autorités turques ont décrété une interdiction de diffusion des images de l’attaque pour éviter de "créer la panique et le chaos".

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Des images qui "créent un sentiment de panique"

Pour les internautes turques, ce black-out a un air de déjà-vu. En novembre 2015, les médias et Internet avaient été censurés. Il s’agissait, selon un porte-parole du gouvernement cité par l’agence American Press, d’une interdiction de diffuser toute image des explosions, mais aussi les images "horribles", sanglantes, ou "qui créent un sentiment de panique". Même chose en juillet 2015, après un attentat attribué au groupe Etat islamique. Ainsi qu'en juillet 2014, lorsque le président Recep Tayyip Erdogan avait ordonné le blocage des principaux réseaux sociaux, accusés de critiquer son entourage impliqué dans une affaire de corruption.

Le chef de l'Etat n'a d'ailleurs jamais caché son aversion pour Internet. “La menace aujourd’hui s’appelle Twitter. C’est là que se répandent les plus gros mensonges. Les réseaux sociaux sont la pire menace pour la société”, expliquait-il en 2013, à l'heure où la place Taksim à Istanbul vivait son "printemps arabe". Depuis, Erdogan, est régulièrement accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire en Turquie. Une Turquie où, selon Engelliweb.com , des milliers d'URL sont bloqués : au 29 juin, il y aurait plus de 11.000 sites inaccessibles.

EN SAVOIR + >>  La Turquie bloque l'accès à Twitter

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