Attentat du Nouvel An à Istanbul : la Turquie, une poudrière sous le feu du terrorisme

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Attentat du Nouvel An à Istanbul

PRISE EN ÉTAU - À nouveau frappée par le terrorisme dimanche à Istanbul, la Turquie vit au rythme d’attaques incessantes depuis maintenant un an. Entre la menace extérieure de Daech et celle, intérieure, des militants kurdes radicaux, le pays tente de faire front dans un contexte national tendu.

2017 a commencé sous le signe de l’horreur en Turquie. Après une année 2016 déjà fortement marquée par le terrorisme, avec une quinzaine d’attaques d’ampleur dans lesquelles près de 300 personnes ont perdu la vie, le pays doit à nouveau faire face à la souffrance et au deuil alors que l’attentat perpétré dans la nuit du Nouvel An contre le Reina, une boîte de nuit branchée d’Istanbul, a fait 39 morts et des dizaines de blessés. 

Et la pression ne semble pas en passe de faiblir. Qu’elle soit extérieure avec Daech – qui a revendiqué l’attaque du Reina – ou intérieure avec les militants kurdes radicaux, la menace est en effet prégnante. Une menace contre laquelle le gouvernement tente de faire face dans un contexte national tendu depuis le coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier. Preuve que les autorités turques étaient sur leurs gardes en ce jour de réveillon, 17.000 policiers avaient été déployés à Istanbul pour encadrer les festivités. 

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L’offensive turque en Syrie a attisé le rythme des attaques

Membre de la coalition internationale qui combat Daech en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive – baptisée "Bouclier de l’Euphrate" – dans le nord de la Syrie pour repousser les jihadistes vers le Sud. En réaction à ces opérations militaires, Daech a plusieurs fois menacé la Turquie, devenue l’une des principales cibles des terroristes. "C’est à partir du moment où la Turquie a clairement établi sa position vis-à-vis de Daech qu’elle a été la cible d’attentats (des djihadistes, ndlr)", souligne ainsi pour LCI Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense et spécialiste du terrorisme.  

En intervenant en Syrie, Ankara vise aussi les milices kurdes syriennes. Des groupes qu’elle accuse de vouloir prendre le contrôle des territoires situés près de sa frontière. Mais cette stratégie semble avoir renforcé les groupes les plus radicaux, qui ont multiplié les attentats ces derniers mois. Dernière attaque en date, celle, il y a à peine trois semaines, perpétrée par les Faucons de la Liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical kurde proche du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dans les environs du stade de Besiktas et qui a fait 45 morts, dont une majorité de policiers. 

Des "stratégies" terroristes différentes

C’est d’ailleurs bien souvent là où se trouve la différence entre les attentats commis par les Kurdes et ceux perpétrés par les djihadistes : le choix des cibles. Quand les djihadistes s’attaquent davantage aux grands centres urbains que sont Istanbul, Ankara, ou même Gaziantep, dans le but de faire un maximum de victimes et, donc, d’être médiatisés, les groupes kurdes visent avant tout les symboles de pouvoir, bâtiments officiels ou membres des forces de l’ordre par exemple. 

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