Sri Lanka : que sait-on du NTJ, ce "petit" groupe islamiste suspecté d'être à l'origine des pires attaques du pays ?

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Attentats contre des églises et des hôtels au Sri Lanka

ATTENTATS - Le "National Thowheeth Jama'ath" (NTJ) serait à l'origine des attaques qui ont fait plus de 300 morts dimanche au Sri Lanka, selon les autorités du pays. Que sait-on de ce mouvement islamiste, décrit comme une "petite organisation" ? A-t-il bénéficié de complicités étrangères ? Éléments de réponse.

Jusqu'alors, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ) n'était connu au Sri Lanka que pour des actes de vandalisme contre des statues bouddhiques survenus l'année dernière. Son secrétaire, Abdul Razik,  avait déjà été arrêté plusieurs fois pour incitation à la haine religieuse. Le NTJ - décrit comme un groupe islamiste local - est désormais accusé par les autorités du pays d'être à l’origine de l'attaque la plus meurtrière de l'histoire du Sri Lanka. 

Selon le dernier bilan diffusé mardi par les autorités, 321 personnes ont perdu la vie lors du dimanche de Pâques, et plus de 500 autres ont été blessées. Ce mouvement islamiste, qui n'avait jusqu’à présent jamais tué, reste relativement méconnu des services de police srilankais. Pour l'heure, 40 individus ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête, mais aucun détail n'a été communiqué sur les suspects.

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Nous enquêtons sur une éventuelle aide étrangère- Rajitha Senaratne, porte parole du gouvernement et ministre de la santé au Sri Lanka

Le gouvernement cherche désormais à savoir si le groupe a bénéficié d'un soutien extérieur. Son porte parole confie avoir "du mal à voir comment une petite organisation dans ce pays peut faire tout cela". "Nous enquêtons sur une éventuelle aide étrangère et leurs autres liens, comment ils forment des kamikazes, comment ils ont produit ces bombes", a-t-il ajouté. 

Pour le Soufan Center, un centre d'étude des menaces à la sécurité mondiale basé à New-York, la planification et coordination minutieuses des attentats au Sri Lanka présente de fortes ressemblances avec "des attaques de groupes salafistes-djihadistes, particulièrement ceux où des groupes locaux ont reçu une aide étrangère". Le centre fait des parallèles avec les attentats de la veille de Noël en 2000 en Indonésie, perpétrés par un mouvement extrémiste local en coordination avec al-Qaïda, ainsi que les attentats suicides de 2005 dans des hôtels de la capitale  jordanienne Amman. Le Soufan Center ajoute que "ces attaques sont conçues pour accroître les tensions communautaires et déstabiliser les gouvernements des pays où elles prennent lieu".

Interpol et le FBI en renfort

Les autorités sri-lankaises ont annoncé que le FBI américain les assistait dans leur enquête. Interpol vient également renforcer son aide dans le pays  avec le déploiement d'une équipe d'enquêteurs:  "Dépêchée à la demande des autorités sri-lankaises, la cellule de crise d'Interpol (IRT) inclut des spécialistes en étude de scène de crime, en explosifs et en contre-terrorisme ainsi que d'experts en analyse et en identification de victimes de catastrophes", a précisé l'organisation internationale de police criminelle.

En plus de cette cellule, un soutien est assuré par le Centre de commandement et de coordination (CCC) qui doit permettre l'échange d'informations sur l'identité des victimes étrangères avec  les différents bureaux d'Interpol des pays concernés. 

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