Attentats de Bruxelles : l'aéroport épinglé dans un rapport d'enquête

Attentats de Bruxelles : l'aéroport épinglé dans un rapport d'enquête

FAILLES - L'aéroport de Bruxelles, frappé par des attentats-suicides le 22 mars, ne disposait pas de plan de crise en cas d'attaque terroriste et la communication entre services de secours a été "un échec global", pointe du doigt le rapport de la Commission d'enquête belge.

C'est un rapport sévère qui épingle les failles des différents services au cours des attentats suicides de Bruxelles le 22 mars. Quelques jours après la parution du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre à Paris, c'est en effet au tour des Belges de dévoiler le leur.  Un premier document encore confidentiel qui a été publié par la télévision publique RTBF. 

Et pour les rapporteurs de la commission, la Belgique n'était clairement pas préparée à une telle situation. L'aéroport de Zaventem, particulièrement pointé du doigt dans le document, ne disposait alors pas de plan de crise en cas d'attaque terroriste et la communication entre services de secours a été "un échec global". Revendiqués par le groupe Etat islamique et perpétrés par la même cellule que celle qui a commis les attentats de Paris, ces attentats ont fait 32 morts à l'aéroport et dans le métro bruxellois. 

"Un seul chien spécialisé dans la recherche d'explosifs"

Ainsi, contrairement à ce qui était prévu pour le métro, "les plans spécifiques de l'aéroport ont été conçus principalement pour faire face à une catastrophe" de type "crash d'avion", note la Commission. Des plans qui ne comprennent donc "pas de volet spécifiquement consacré au terrorisme", aspect non prévu dans les exercices du personnel de secours à Bruxelles-Zaventem, dénonce-t-elle. Un plan de crise de l'aéroport doit être "actualisé d'urgence" afin de prendre en compte des catastrophes non aériennes, arrivant dans les parties accessibles au public, préconise le document. Autre exemple édifiant, "il s'est également avéré, lors de l'attentat, qu'il n'y avait qu'un seul chien spécialisé dans la recherche de bombes et d'explosifs présents dans l'aéroport".

L'exploitant du métro de Bruxelles, la Stib, avait en revanche élaboré un plan d'urgence après les attentats à la gare d'Atocha à Madrid (2004) et dans le métro de Londres (2005). Comme prévu, un centre de commandement en cas de crise a immédiatement pris la direction des opérations après l'attentat dans la station de Maelbeek, dans le quartier européen.

Réseau des services de secours totalement saturé

Autre faille pointée dans le rapport, l'"échec global de la communication", avec notamment le réseau radio Astrid de la police et des secours, saturé au point qu'un quart (23%) des 34.000 tentatives de communication ont échoué ce jour-là. Une refonte en profondeur du fonctionnement du centre de crise est préconisée, du réseau de téléphonie mobile , "totalement saturé". "Dans la pratique, les services de secours ont souvent dû recourir à des solutions créatives." Selon les médias, les ambulanciers et pompiers ont dû utiliser des applications comme WhatsApp pour se coordonner. 

Reconnaissant que les plans de crise pour les sites sensibles en Belgique étaient obsolètes, les autorités ont adopté début mai un arrêté prévoyant l'élaboration d'un "plan d'urgence national relatif à l'approche d'une prise d'otage ou d'un attentat terroriste". La Commission d'enquête du Parlement belge s'est pour l'instant penchée sur l'organisation des secours et la gestion de crise. Elle rendra public son rapport final avant le 21 juillet. Et abordera à partir de septembre le fonctionnement des services de police et de renseignement, accusés de défaillances dans le suivi des terroristes.

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