Attentats de Bruxelles : le désarroi des familles des victimes face à la complexité de l'administration belge

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TERRORISME - A l'heure où la Belgique commémore le premier anniversaire des attentats de Bruxelles, les proches des victimes, eux, sont confrontés à la complexité de l'administration. Une association, V-Europe, a été créée par l'un d'entre eux pour les soutenir dans leurs démarches.

Le temps du souvenir. Un an après les pires attentats de son histoire, la Belgique rend ce mercredi plusieurs hommages aux 32 morts et plus de 320 blessés du 22 mars 2016. Des hommages en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, des représentants des plus hautes autorités du royaume, mais aussi des familles qui, à la douleur de perdre un proche, se voient confrontées à une administration complexe.

"Les émotions sont comme des vagues ; des jours ça va, d’autres non, a témoigné sur l'antenne de LCI Philippe Vansteenkiste, le frère d'une victime. Cela fait maintenant un an, je crois qu'il est temps de regarder vers le futur. C'est une page qui ne se tournera jamais, mais il faut essayer d'avancer."  Depuis les attentats, Philippe Vansteenkiste  a fondé une association, V-Europe, pour aider les victimes et leurs familles à se frayer un chemin dans les complexes démarches administratives à effectuer. "On avait parfois vraiment l'impression qu'il fallait pratiquement se mettre à genoux pour avoir une compensation minimum pour pouvoir continuer", a-t-il expliqué à l'AFP, évoquant la "détresse" des personnes atteintes.

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Vers un "statut de solidarité nationale"

Autre cas : celui Nicolas de Lavalette, un Franco-Américain de 56 ans. Membre de V-Europe, ce professeur d'anglais se bat pour sa fille Béatrice, âgée aujourd'hui de 18 ans, grièvement blessée dans le hall des départs de l'aéroport. "J'aimerais qu'il y ait en Belgique une structure qui prenne en charge les victimes de A à Z. Il n'y a pas d'organisation globale pour gérer quelque chose de cette amplitude", déplore-t-il, inquiet pour le suivi du dossier de Béatrice lorsque la famille retournera vivre aux Etats-Unis.

Des critiques qui sont remontées jusqu'au sommet de l'Etat. "Nous avons bien compris qu'il y avait encore des choses que nous pouvions améliorer" pour les victimes, a reconnu dans un entretien à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, en assurant que les autorités mettaient à présent "tout en oeuvre". Face aux critiques, le gouvernement belge a promis en février d'accorder un "statut de solidarité nationale" aux victimes d'actes de terrorisme, leur garantissant notamment une aide financière à vie. Problème, la loi en préparation ne satisfait pas les associations. Notamment parce qu'elle ne couvre que les personnes qui résidaient en Belgique au moment des attentats.

De son côté, la fédération belge des compagnies d'assurance Assuralia a promis de donner un coup d'accélérateur au traitement des 1361 dossiers ouverts après le 22 mars auprès de ses membres, ainsi que le "doublement" des indemnités versées pour "dommage moral" pour les personnes grièvement blessées et pour les ayants droit des victimes décédées.

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