Attentats en Egypte : "Tout est devenu noir, les gens ont volé les uns sur les autres"

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VÉCU – Quelques heures après la première explosion qui a secoué l’église copte de la ville de Tanta et causé la mort d’au moins 27 personnes, les témoins présents racontent ce qu’ils ont vécu.

"J'ai entendu l'explosion et je suis venu en courant : il y avait des gens coupés en deux", explique Nabil Nader, un habitant de Tanta, une ville à 120 km au nord du Caire, à l’AFP. Il réside juste en face de l'église Mar Girgis (Saint-Georges),  frappée par un attentat-suicide revendiqué dans la journée par le groupe Etat Islamique. Les fidèles étaient rassemblés ce dimanche 9 avril pour la fête des Rameaux.

Comment la bombe a pu entrer, alors que (les policiers) sont assis et alignés devant l'église"Nagat Assaad, habitante de Tanta

Il poursuit : "Le père d'un ami de mon fils se trouvait au premier rang. On n'a retrouvé que sa chaussure." La première des deux explosions a ainsi causé la mort d’au moins 27 personnes et en a blessé 78 autres. "Ils sont entrés pour prier, et ils meurent", se désole-t-il encore. 


Edmon Edward était présent sur les lieux lors de la messe :  "Il y a eu une violente explosion, près de l'autel. Soudain tout est devenu noir, les gens ont volé les uns sur les autres." La bombe a explosé aux alentours de 10 heures (8 heures à Paris), en pleine messe. 


Depuis, la police a bouclé les lieux, empêchant toute entrée dans l'église. Pourtant, les habitants continuent de se regrouper devant la façade pour exprimer leur colère :  "Comment la bombe a pu entrer, alors que (les policiers) sont assis et alignés devant l'église, s'insurge Nagat Assaad, une autre habitante. A quoi servent les détecteurs ?" Elle finit par lâcher quelques mots en faisant référence à la police égyptienne : "On ne veut pas de leur protection." 

Déjà fin mars, l’église avait signalé aux fidèles, via sa page Facebook, qu'un "objet suspect" avait été retrouvé devant le bâtiment et qu'une équipe de démineurs l'avait récupéré et transporté "dans un véhicule spécial". Une découverte qui avait particulièrement inquiété la communauté copte égyptienne qui se sent abandonnée et discriminée par les autorités d’un pays majoritairement musulman.


Quelques heures après ce drame, un second kamikaze a tenté de se faufiler dans une autre église, à Alexandrie cette fois. Le pape copte orthodoxe Tawadros II, qui se trouvait à l'intérieur, n’a pas été touché. De son côté, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a demandé dimanche à l'armée de déployer des forces pour aider la police à protéger les "infrastructures vitales" du pays.

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