Au Brésil, l’homophobie est désormais un délit

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INTERNATIONAL - Le Tribunal fédéral suprême brésilien a décidé jeudi de criminaliser l'homophobie. Une décision prise alors que les agressions se multiplient.

L’homophobie équivaut désormais à un délit de racisme au Brésil. C’est la décision prise jeudi par la Cour suprême de ce pays qui compte le plus grand nombre d’assassinats de personnes LGBT au monde. Forte, la mesure est cependant provisoire : le dernier mot revient en enffet au Congrès, qui doit adopter une loi dans le même sens. 

Le Tribunal fédéral suprême (STF), qui constitue la Cour suprême, a adopté cette mesure par huit voix contre trois. Le Congrès – actuellement à majorité conservatrice et sous forte influence des Eglises évangéliques – doit désormais élaborer une loi spécifique pour réprimer ce type de discrimination.

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"Toute discrimination est une cause de souffrance"

"Tout préjugé est une violence", a déclaré Carmen Luzia, juge au STF, pour expliquer son vote favorable. "Toute discrimination est une cause de souffrance", mais "certains préjugés causent plus de souffrances que d’autres, parce que ce sont des blessures qui frappent la personne dans son foyer, qui séparent les parents des enfants, [qui séparent] les frères, les amis, pour le simple fait de tenter de vivre quelque chose qui se présente comme naturel", a dit cette juge.

Selon les statistiques de l'ONG Grupo Gay da Bahia, le pays a enregistré 387 meurtres et 58 suicides au sein de la communauté en 2017, soit des chiffres 30% supérieures à ceux de l'année précédente. C'est un meurtre ou suicide toutes les 19 heures. Ce total fait du Brésil le pays comptant le plus grand nombre d'assassinats LGBT du monde. 

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