Au lendemain des Midterms, Donald Trump limoge son ministre de la Justice, Jeff Sessions

Au lendemain des Midterms, Donald Trump limoge son ministre de la Justice, Jeff Sessions

International
DÉMISSION - Donald Trump vient d'annoncer qu'il avait remercié son ministre de la Justice, Jeff Sessions. Ce dernier sera remplacé par son directeur de cabinet, alors que l'enquête sur les relations présumées entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou va reprendre...

"Je pourrais virer tout le monde, là, maintenant, mais je ne veux pas y mettre fin parce que politiquement je n'en ai pas envie", déclarait ce mercredi, Donald Trump, lors d'une conférence de presse consécutive aux élections de mi-mandat, alors qu'il était interrogé par des journalistes sur l'enquête russe : cette investigation chargée d'établir s'il y a eu des liens ou non entre l'équipe de campagne du milliardaire américain et Moscou, au cours de la campagne présidentielle. 


Mais Trump a eu beau déclarer qu'il n'allait "virer" personne, son Ministre de la Justice, en a fait les frais. Il a annoncé, dans un tweet (un peu cavalier) le départ de son ministre de la Justice Jeff Sessions, un limogeage qui pourrait entraîner des conséquences sur la très sensible enquête russe.

"Nous sommes heureux d'annoncer que Matthew G. Whitaker, chef de Cabinet du Procureur général Jeff sessions au ministère de la justice, deviendra notre nouveau Procureur général par intérim des États-Unis. Il va bien servir notre pays....", a écrit Donald Trump, dans un tweet, ce mercredi. Une démission forcée qui intervient quelques minutes après la fin de la conférence de presse consécutive aux élections de mi-mandat, au cours de laquelle, Donald Trump avait été questionné sur Jeff Sessions et l'enquête russe. 

A votre demande, je vous soumets ma démissionJeff Sessions

Dans une lettre de démission adressée à Donald Trump, Jeff Session précise dès la première ligne, "A votre demande, je vous soumets ma démission", écrit l'ancien ministre de la Justice américain. 

La crainte de l'enquête

Cela fait des mois que le locataire de la Maison blanche s'en prenait à Jeff Sessions. Il lui reprochait de s'être récusé dans cette délicate "enquête russe". Dans ce dossier, Donald Trump vise régulièrement Robert Mueller, le procureur spécial chargé de cette enquête, malgré les soupçons d'entrave à l'enquête qui ont démarré lorsqu'il a limogé le chef du FBI, James Comey, qui supervisait l'enquête jusqu'à son éviction. 


 "Plutôt que de risquer un retour de flamme en virant Robert Mueller, Donald Trump pourrait limoger Jeff Sessions et le remplacer par un laquais", craignait dès octobre le parlementaire démocrate Adam Schiff sur la chaîne MSNBC. Le nouveau ministre n'aurait alors "qu'à lui couper les jambes en privé sans avoir à le limoger", ajoutait-il.

Depuis plusieurs semaines, Mueller se faisait discret, comme l'oblige une règle du Ministre de la Justice qui impose aux magistrats de se garder de toute inculpation à caractère politique dans les 60 jours précédant une élection. Mais les élections terminées, les investigations peuvent reprendre. Reste à savoir quels bâtons Trump pourrait mettre dans les roues de Mueller désormais.


Et s'il s'est montré plutôt ouvert au dialogue avec les démocrates, ces dernières heures, c'est que ces derniers, victorieux à la Chambre des représentants sont un filet de sécurité pour les enquêteurs. En effet, les parlementaires de la Chambre sont en mesure de déclencher des enquêtes sur de très nombreux sujets et pourront, s'ils le souhaitent, convoquer des témoins ou réclamer des documents si le procureur Mueller était empêché de le faire.


L'opposition peut également profiter de sa majorité pour lancer une procédure de destitution du président Trump. Mais cette hypothèse n'a pas les faveurs des cadres du parti. En revanche, la jeune garde élue mardi pourrait outrepasser leurs consignes et lancer une telle procédure. Elle aurait toutefois peu de chances d'aboutir au Sénat, où les républicains restent majoritaires, mais elle assombrirait considérablement la fin de la présidence du milliardaire new-yorkais et sa campagne pour sa réélection.


"Je ne suis inquiet de rien, parce que cette enquête russe est un canular", a toutefois assuré mercredi le magnat de l'immobilier, en répétant qu'il n'y avait pas eu de collusion entre son équipe et le Kremlin.

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