Au Liban, 60.000 personnes pétitionnent que le pays soit placé sous mandat de la France

Au Liban, la défiance envers les dirigeants du pays atteint des sommets.
International

RAS-LE-BOL – La catastrophe à Beyrouth a exacerbé la défiance d'une large part de la population envers le pouvoir politique. Des citoyens, dénonçant la corruption et l'incompétence de leurs gouvernants, ont lancé une pétition pour que le Liban soit placé 10 ans sous mandat de la France.

Le Liban placé sous mandat de la France ? L'idée peut paraître saugrenue, mais elle est déjà défendue par 60.000 personnes, signataires d'une pétition mise en ligne au lendemain des explosions mortelles dans la capitale Beyrouth. Alors qu'Emmanuel Macron s'est signalé en étant le premier chef d'Etat étranger à se rendre sur place, le texte réclame que ce mandat soit mis en place pour une durée de dix ans.

Incapables de gérer le pays

La pétition, hébergée sur la plateforme Avaaz, ne détaille pas les modalités qui régiraient cette gestion du pays par la France. Néanmoins, elle permet de mettre en lumière le ras-le-bol de nombreux citoyens, désireux de changement au Liban et n'ayant pas confiance en leur dirigeant pour assurer la gestion du pays.

"Les responsables libanais ont clairement montré une incapacité totale à sécuriser et à gérer le pays", peut-on ainsi lire. "Avec un système défaillant, marqué par la corruption, le terrorisme et les milices, le pays vient de pousser son dernier souffle. Nous estimons que le Liban devrait revenir sous le mandat français afin d'établir une gouvernance propre et durable."

Lire aussi

Toute l'info sur

Le Liban meurtri par les explosions à Beyrouth

Les dernières informationsLes images terribles de la double explosion

Il s'agirait, en somme, de revenir dans une situation connue durant l'entre-deux guerres, mise en place par la Société des Nations en 1920 "sur les ruines de l'Empire Ottoman", pour reprendre une expression du Figaro. Pour autant, imaginer un tel retour en arrière semple plus qu'improbable pour les connaisseurs de la région. Hélène De Champchesnel, historienne, spécialiste de l’histoire de la Syrie contemporaine et du Liban juge "totalement irréaliste" cette hypothèse.

"Cette pétition est manifeste de la situation de crise majeure, de l’urgence traversée par le Liban actuellement. Elle répond à un appel de besoin de soutien matériel, financier, peut-être même psychologique", juge la maître de conférences à Sciences Po, interrogée par Ouest-France. "Il ne s’agissait pas d’une colonie ou d’un protectorat mais d’un mandat : ce n’était pas un territoire français". La Société des Nation, qui plus est, n'existe plus. S'il semble donc hautement improbable qu'une telle pétition dépasse le cadre d'une contestation numérique, elle symbolise la rupture profonde entre les dirigeants libanais et une part non négligeable de leurs concitoyens.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent