Au moins 39 morts dans les incendies qui frappent le Portugal et l'Espagne

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CATASTROPHE - Au moins 39 personnes ont été tuées par les centaines de feux de forêt qui continuent ce lundi de ravager le Portugal et la région voisine de Galice, en Espagne, frappées par des mois de sécheresse et balatées par des vents violents au passage de l'ouragan Ophelia.

Un bilan déjà très lourd et malheureusement toujours provisoire. Les incendies qui ravagent depuis ce week-end le péninsule ibérique ont fait 36 morts dans le centre et le nord du Portugal, où sept autres personnes étaient portées disparues, tandis que trois personnes ont péri en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne voisine, selon les autorités des deux pays. "Il y a encore des lieux où les secours ne sont pas encore parvenus, et ce bilan reste donc provisoire", a prévenu la porte-parole de la protection civile portugaise, Patricia Gaspar, précisant qu'un bébé d'un mois figurait parmi les victimes confirmées.Les centaines d'incendies qui se sont déclarés dimanche et lundi ont également fait 63 blessés, dont 16 graves parmi la population et les pompiers. 

L'alerte rouge toujours en vigueur

Le Portugal avait déjà été bouleversé à la mi-juin par l'incendie le plus meurtrier de son histoire, qui a fait 64 morts et plus de 250 blessés près de Pedrogao Grande (centre). Quelque 3600 pompiers tentaient en fin d'après-midi de venir à bout d'une soixantaine de foyers encore actifs, dont la moitié étaient jugés "importants" et continuaient de menacer des villages. Au Portugal comme en Galice, la météo était plus clémente lundi 16 octobre que la veille, avec des températures en baisse et parfois même de la pluie, mais les pompiers avaient encore beaucoup à faire. En fin d'après-midi, les autorités galiciennes, qui ont décrété trois jours de deuil régional, recensaient toujours une quinzaine de foyers actifs pouvant représenter un risque pour les populations et les habitations.


Parmi la quinzaine d'incendies considérés comme "importants" lundi soir, le plus préoccupant faisait rage dans la commune de Lousa (centre), où des pompiers positionnés à flanc de colline s'efforçaient de freiner l'avancée des flammes aux abords du village de Cabanoes, a constaté un journaliste de l'AFP. Malgré une nouvelle baisse des températures et la pluie prévues pour mardi, la protection civile a décidé de prolonger l'alerte rouge en vigueur depuis dimanche matin.

524 incendies ou départs de feu enregistrés au Portugal

Ces incendies, dont une partie a "pour la première fois" traversé la "frontière naturelle" du nord du Portugal vers l'Espagne, ont été attisés par des rafales de vent allant jusqu'à 90 km/h liées à l'ouragan Ophelia, qui passait au large de la péninsule ibérique et se dirigeait vers l'Irlande, a expliqué le chef du gouvernement régional de Galice, Alberto Nunez Feijoo. "Nous sommes frappés par une sécheresse sévère et le pays a été balayé hier (dimanche) par des vents très forts, en raison de l'ouragan Ophelia qui est passé tout près", a confirmé la ministre portugaise de l'Intérieur, Constança Urbano de Sousa.

Le Portugal a enregistré dimanche 524 incendies ou départs de feux, du jamais-vu depuis 2006, a souligné le Premier ministre Antonio Costa, qui a déclaré "l'état de catastrophe publique". Lisbonne a par ailleurs sollicité des renforts à ses partenaires de l'Union européenne et au Maroc, auquel l'Italie a répondu en acceptant de prêter deux avions bombardiers d'eau. "Lorsqu'il s'agit d'affronter une calamité de cette ampleur, il faut mobiliser tous les moyens et toute la solidarité européenne", a déclaré au Luxembourg le ministre des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva. "L'Espagne, la France et le Maroc sont eux aussi confrontés à des incendies préoccupants" et n'ont pas encore répondu aux appels à l'aide.

Je n'avais jamais vu ça. Vraiment, c'était une ambiance de fin du mondeJose Morais, une victime des feux

Sous une épaisse fumée, au milieu d'une forêt de pins et d'eucalyptus calcinés, les habitants du village de Ventosa, situé dans la commune de Vouzela (centre), s'employaient à éteindre des reprises de feu avec des tuyaux d'arrosage, encore sous le choc d'une nuit infernale. "Tout s'est passé en 45 minutes, le feu est arrivé en bas du village et s'est propagé à une vitesse incroyable. Je n'avais jamais vu ça. Vraiment, c'était une ambiance de fin du monde. Tout le monde a fui et je me suis retrouvé seul ici", a raconté Jose Morais à l'AFP.


La plupart des victimes ont été piégées par les flammes dans leur voiture ou leur maison, ou alors qu'elles tentaient en vain de sauver leurs exploitations agricoles. En Galice, deux personnes ont péri piégées dans leur véhicule près de Nigran, alors qu'elles essayaient de fuir, et un homme âgé a été retrouvé mort dans un hangar derrière sa maison, à Carballeda de Avia. Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a accusé lundi des incendiaires d'avoir provoqué la majeure partie de ces feux meurtriers. "Ce que nous vivons ici, c'est quelque chose qui ne se produit pas par hasard, ça a été provoqué", a-t-il dit lors d'une visite en Galice, sa région natale.

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