Au procès Trump, la justice déroule les preuves d'un assaut commandité

Au procès Trump, la justice déroule les preuves d'un assaut commandité

JUSTICE – Donald Trump est jugé depuis mardi au Sénat, un mois après l'attaque du Capitole. Cette dernière aurait été orchestrée, selon la justice, par des ultranationalistes qui sauraient suivi au pied de la lettre l'appel de leur président.

Tout sauf hasard ? Durant les premières heures du procès en destitution de Donald Trump, qui s'est ouvert mardi à Washington, la justice américaine a déroulé une compilation d'arguments et de témoignages allant dans un seul et unique sens : l'attaque du Capitole le 6 janvier était préméditée. En particulier dans les rangs de la mouvance ultranationaliste. 

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Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Déjà pointés du doigt depuis plusieurs semaines, jamais les Proud Boys – mais aussi les Oath Keepers, une milice antigouvernementale – n'avaient en effet été accusés à ce point par le camp démocrate. Preuves à l'appui : selon le dossier d'accusation, l'appel à "une grande manifestation" en janvier lancé par Donald Trump le 19 décembre sur Twitter a eu un effet boule de neige chez ces supporters les plus véhéments. Par exemple à Berryville, à 100 km à l'ouest de Washington : c'est là que Thomas Caldwell, décrit comme le "commandant" des Oath Keepers, appelait ses partisans à le rejoindre dans la banlieue de la capitale américaine pour une réunion préparatoire. "Qu'ils essaient de certifier cette merde sur Capitol Hill alors qu'il y aura un million de patriotes dans les rues", écrivait-il sur Facebook. "Ca va chauffer".

"Nous sommes en guerre"

Même tonalité à Bridgeville, en Pennsylvanie. Kenneth Grayson, un conspirationniste pro-QAnon et membre des Proud Boys, a écrit le 23 décembre à ses proches un texto sans équivoque : "Je suis là si Trump nous dit d'attaquer cette saloperie de Capitole. (...) Ils ne voleront pas cette élection". Un point de vue partagé par William Calhoun : le 29 décembre, cet avocat de Géorgie affirmait sur Facebook qu'être "physiquement présent à Washington le 6 janvier" était "d'une importance cruciale". "Nous le peuple n'avons pas d'autres options réalistes pour communiquer notre intention d'exiger des élections justes aujourd'hui et à l'avenir. Sinon....", prévenait-il.

Moins évasifs, deux dirigeants des Proud Boys ont dès la fin décembre préparé leur venues à Washington. Depuis son domicile, Nordean a lancé un appel de fonds pour acheter des équipements de protection et de communication. Plus au sud, en Floride, Enrique Tarrio appelait dans un podcast ses partisans à porter du noir, leur disant de se préparer au combat.  "C'est du sérieux", affirmait Tarrio. "Nous sommes en guerre". 

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Si la véhémence de ces groupes n'est guère surprenante – les Proud Boys ont été ajoutés en janvier à la liste noire des entités terroristes au Canada -, le fait qu'ils aient pris au mot Donald Trump vient discréditer la défense de ce dernier. Absent de son procès, l'ancien président est néanmoins omniprésent : mardi, son discours dans lequel il appelle ses partisans à manifester vers le Capitole a été diffusé au Sénat, où il est jugé. "Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles", avait-il lancé à la foule. Dont acte. 

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