Au Québec, l'aide médicale à mourir attire trois fois plus que prévu

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EUTHANASIE - Le ministre de la Santé québécois, Gaétan Barrette, s'est dit étonné que les Québécois soient trois fois plus nombreux que prévu à demander l'aide médicale à mourir.

Entre décembre 2015, date d'entrée en vigueur de l'aide médicale à mourir, et août 2016, 262 Québécois sont allés au bout du processus : c'est ce que révèle un rapport d’activités de la Commission sur les soins de fin de vie déposé jeudi 27 octobre à l’Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Fin décembre 2016, après un an d'application, ce total pourrait même dépasser les 300 cas. "C'est plus que je pensais. J'avais évoqué qu'il y en aurait peut-être une centaine, mais en fait c'est presque le triple", s'est étonné Gilles Barrette.

A ce nombre sont à ajouter 87 personnes qui ont fait la demande d’aide médicale à mourir, mais n’ont pas suivi le processus jusqu’au bout. "Il y a aussi eu 263 demandes exercées de sédation palliative continue. C’est autant que l’aide médicale à mourir. Ça m’a étonné", a confié le ministre.

Des disparités géographiques

Mais cet engouement pour l'aide médicale à mourir est inégalement réparti sur le territoire. A Québec par exemple, 37 des 45 personnes qui ont demandé l'aide médicale à mourir l'ont obtenue. A Montréal, où la population est pourtant plus importante, il n'y a eu que 45 demandes, et seulement 28 des 54 demandes d'aide médicale à mourir ont été acceptées. Enfin, juste à côté, en Montérégie, 40 des 44 demandes ont été acceptées. 

Pour le ministre de la Santé, cela reflète peut-être la composition démographique différente de l'île de Montréal où les communautés ethniques "sont plus nombreuses proportionnellement" et "souvent plus religieuses que d'autres". Tandis que du côté de Québec, "la population est beaucoup plus homogène".

Des améliorations à apporter

Pour Gaétan Barrette, la loi a été bien appliquée malgré le nombre de cas, plus élevé que prévu. "Il n'y a aucun problème à la lumière du rapport", a-t-il estimé, même si des améliorations sont envisageables. Il a indiqué que la question du deuxième médecin "indépendant" censé donner un avis extérieur sur l'accord ou non du droit à mourir pour une personne, pouvait être améliorée. Le ministre de la Santé a indiqué qu'une réflexion allait être entreprise à ce sujet avec le collège des médecins.

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