Au Texas, des godemichés pour lutter contre le port d'armes : "les bains de sang ne réveillent personne"

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OH MY GODE – Une étudiante de Austin, au Texas, entend protester contre le port d’armes autorisé dans son université, en encourageant chaque élève à transporter un godemiché. D'abord simple plaisanterie, #CocksNotGlocks pourrait bientôt devenir un vrai mouvement.

On pourrait croire à une blague potache. C’est pourtant la riposte, organisée, de citoyens américains engagés. Lundi 12 octobre, une élève de l’Université du Texas, à Austin, a créé l'événement Facebook #CocksNotGlocks (littéralement, "des pénis, pas de pistolet") afin d’encourager tous ses camarades à venir en classe avec… un énorme godemiché. Le but ? Protester contre la loi récemment votée dans l'état qui va autoriser le port d’armes au sein de la faculté.

Metronews a retrouvé Jessica Jin, à l’origine de cette initiative pour le moins originale. Elle nous explique : "J’étais bloquée dans les embouteillages dimanche et il y avait une émission sur les récentes fusillades à la radio. Je me suis sentie tellement frustrée en écoutant ceux qui tentent de légitimer, voire d’excuser le port d’armes, pendant que des familles pleurent leurs enfants..." Alors, Jessica a fait ses petites recherches. "Je me suis rendue compte que, si le port d’armes va bientôt être autorisé dans mon université, le fait de transporter un godemiché en classe est lui en revanche interdit dans le règlement. La tentation était trop forte d’encourager tout le monde à ramener son engin à l’école."

"Avec mon flingue, je vous protège"

Et cet appel, d’abord lancé comme une provocation, des milliers d’étudiants des quatre coins du pays l’ont pris au pied de la lettre. Ils étaient déjà mardi plus de 7300 à avoir répondu présents à cet événement, prévu symboliquement pour la rentrée 2016, période à laquelle la loi sur le port d’armes sera appliquée dans l’établissement . C’est que derrière cette histoire de vibromasseurs se cache une problématique bien plus sérieuse : "Au début, c’était juste pour rire, reprend Jessica. Mais le godemiché, c’est un peu un symbole. Il dénonce le caractère masturbatoire de la possession d’une arme et de cette manie de dire : ‘je fais partie des gentils, avec mon flingue, je vous protège’".

"On me veut morte... pour un gode"

Point de crispation extrême aux Etats-Unis, la remise en cause du port d’armes suscite des réactions toujours violentes, auxquelles Jessica n’a pas échappé. "C’est fascinant de voir comment certaines personnes peuvent se sentir effrayées ou en colère à l’idée que d’autres transportent des sex-toys. Cela en dit long sur ce que notre société considère ou non comme 'obscène'. Je reçois des menaces, certains me veulent morte… pour un gode", confie la jeune fille, ajoutant, positive quant à l’issue de ce mouvement inattendu : "Je veux que la prolifération des godemichés offre aux gens une représentation visuelle de ce que voudrait dire un port d’arme libre. Cela semble ridicule, et c’est justement le but. C’est ça l’Amérique : si des bains de sang ne réveillent personne, une célébration de la sexualité peut faire l’affaire. On va donc avoir besoin de beaucoup de godemichés à la rentrée prochaine."

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