Au Vatican, un centre d'accueil pour d'ex-religieuses en burnout

Le pape François le 31 décembre 2019 au Vatican
International

ÉGLISE - Pour aider d'anciennes religieuses victimes de burnout qui se retrouvent à la rue, le pape François a décidé d'ouvrir un centre d'accueil, à Rome. Alors que l'épuisement professionnel des soeurs est une réalité, le Vatican montre qu'il souhaite prendre le problème à bras le corps.

Tout le monde est sujet au burnout... y compris les religieuses du Vatican. Face à ce mal qui les ronge de plus en plus, et pour contrer une crise des vocations, le pape a décidé de prendre ce problème à bras le corps. Il a notamment ouvert un centre d'accueil à Rome pour les ex-soeurs qui se retrouvent à la rue sans accompagnement, indique "Donne Chiesa Mondo", un supplément mensuel de l'Osservatore Romano, journal officiel du Vatican, consacré aux femmes dans l'Eglise à paraître ce dimanche.

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Pourquoi les religieuses sont-elles sujettes à ce syndrome d'épuisement et de stress au travail ? Car elles sont très soumises à leur hiérarchie, travaillent sans contrats ou règles claires, et sont parfois victimes d'abus de pouvoir ou d'agressions sexuelles, avance la revue. Pour soeur Maryanne Lounghry, religieuse australienne, psychologue et universitaire, il faut s'attaquer à "la culture de l'organisation" des congrégations religieuses. Selon elle, l'un des nœuds du problème reste une différence fondamentale entre les obligations des religieuses et des religieux, ces derniers jouissant de davantage de droits. 

Dans les paroisses, règne le pouvoir absolu du prêtre

Elle prône notamment la négociation de temps de repos et de congés. "Ne pas avoir le contrôle de sa propre vie, ne pas pouvoir programmer, mine la santé mentale. Travailler dans l'ambiguïté, sans des règles sûres, peut me faire sentir harcelée, abusée, agressée", résume-t-elle, en évoquant des paroisses où règne un pouvoir absolu du prêtre sur des sœurs contraintes à travailler contre leur gré.

Le magazine qui évoque le burnout des religieuses avait déjà révélé il y a deux ans l'exploitation parfois gratuite des religieuses dévolues à des tâches ménagères au service de la hiérarchie masculine de l'Eglise, notamment des cardinaux. 

Ces conditions de travail entraînent des crises de vocation, et pousse de nombreuses religieuses à quitter l'institution. Certaines, souvent étrangères, se retrouvent à la rue sans aucun accompagnement de l'Eglise. C'est pourquoi le pape a souhaité ouvrir une maison d'accueil à Rome.

Prostitution de survie

"Le geste du pape est merveilleux", a commenté le cardinal brésilien João Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. "Je suis allé rendre visite à ces ex-soeurs. J'ai rencontré un monde de blessures, mais aussi d'espoir. Il y a des cas très durs, pour lesquels les supérieurs ont retenu les papiers des soeurs qui désiraient quitter le couvent", déplore-t-il, tout en évoquant aussi "quelques cas de prostitution de survie". "Tout ceci doit absolument changer."

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