Au Venezuela, des jours fériés pour économiser l'énergie

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ENERGIE - Le président vénézuélien a décrété le vendredi jour de congé pendant deux mois dans tout le pays, dans le cadre d'un "plan spécial" d'économie d'énergie face à l'importante sécheresse provoquée pae El Nino. Sauf que ce phénomène climatique n'est pas le seul responsable de la crise dans laquelle s'enfonce le pays.

Sottise pour les uns, impératif pour les autres. Au Venezuela, le "plan spécial" décrété par le président Nicolas Maduro ne laisse personne indifférent. Et pour cause : face à l'importante sécheresse provoquée par le phénomène climatique El Nino, le vendredi devient temporairement un jour de congé dans tout le pays.

Pour convaincre ses citoyens, Nicolas Maduro a fait appel jeudi au "sentiment national" face à "une situation extrême". Il a également exigé que les entreprises étatiques du secteur industriel qui consomment le plus réduisent de 20% leur consommation énergétique, tout comme l'administration. Le rationnement des centres commerciaux et les hôtels, lui, passe de quatre à neuf heures par jour. Et les fonctionnaires ne travaillent plus que le matin.

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L'exécutif critiqué pour son manque d'anticipation

Certes, la situation semble plus critique que jamais dans ce pays confronté aux sécheresses à répétition. A Guri, le réservoir de l'Etat de Bolivar (sud-est) qui fournit à lui seul 70% du réseau électrique national, l'eau se situe par exemple à seulement trois centimètres au-dessus du "point extrême", fixé à 240 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Sauf qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil du Venezuela : ce dernier a déjà subi une grave crise énergétique en 2010, et souffre de pannes régulières, en particulier dans les provinces. Sans parler des pénuries, obligeant les Vénézuéliens à faire la queue pour la moindre lampe ou bougie. Résultat, le pays qui souffre d'une grave récession (-7% l'an passé), pourrait s'enfoncer un peu plus dans la crise. Un comble, quand on sait qu'il possède les plus grandes réserves mondiales de pétrole…

L'opposition, désormais majoritaire au Parlement, accuse l'exécutif de pas avoir anticipé la situation et de ne pas avoir assez investi dans le réseau électrique. Des critiques balayées par Nicolas Maduro, lequel préfère jouer la carte de l'humour, suggérant aux femmes de son pays de ne plus utiliser de sèche-cheveux par souci d'économie.

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