Australie : le cardinal Pell condamné à six ans de prison pour crimes pédophiles

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JUSTICE - Le cardinal australien George Pell, ancien numéro trois du Vatican, a été condamné mercredi 13 mars à six ans de prison pour viols sur mineurs. Il est le plus haut représentant de l'Eglise catholique jamais reconnu coupable de pédo-criminalité.

Du jamais vu au sein de l'Eglise catholique. Le cardinal australien George Pell a été condamné mercredi 13 mars à six ans de prison pour agressions sexuelles contre deux enfants de chœur. Âgé de 77 ans, il est le plus haut représentant de l'institution jamais reconnu coupable de viol sur mineur.


Le cardinal, qui clame son innocence et a fait appel de sa condamnation, avait été reconnu coupable en décembre de pénétration sexuelle et de quatre chefs d'attentat à la pudeur contre les deux adolescents, alors âgés de 13 ans. Mais ce verdict n'avait pu être annoncé que fin février pour des raisons juridiques. Celui qui risquait jusqu'à 50 ans de réclusion criminelle devra finalement passer au minimum trois ans et huit mois derrière les barreaux. Le juge Peter Kidd a expliqué avoir tenu compte des "crimes odieux" commis par le prélat pour rendre sa sentence. Mais il a aussi mis dans la balance son âge avancé, ses problèmes cardiaques et le fait qu'il avait "par ailleurs mené une vie irréprochable". "Vous pourriez ne pas vivre assez longtemps pour sortir de prison", a-t-il relevé. Le condamné saura début juin s'il aura droit à un procès en appel.

Une des victimes décédée d'une overdose d'héroïne en 2014

George Pell n'a pas témoigné à son procès. Dans un interrogatoire de police filmé en 2016 alors qu'il était à Rome, il avait qualifié ces accusations de "mensonges insensés", "de tas d'inepties absolues". Les victimes, elles, ont témoigné de leur déconvenue face à ce jugement relativement clément, bien que la procédure judiciaire ne soit pas terminée. 


"C'est difficile de trouver du réconfort" dans cette décision, a déclaré une victime identifiée seulement par l'initiale "J" par la voix de son avocate Vivian Waller. "Je suis reconnaissant que le tribunal ait reconnu ce qui m'a été infligé quand j'étais enfant mais je ne connais pas le repos" car "plane l'ombre de la procédure d'appel". Le père de l'autre victime, décédée en 2014 d'une surdose d'héroïne, a fait part de sa "déception".

Ces actes ont eu des répercussions "profondes" et "durables" pour les victimes

En décembre 1996, le prélat avait imposé une fellation à une victime et s'était masturbé en se frottant contre l'autre, alors que les deux garçons s'étaient cachés dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne pour y boire du vin de messe. Deux mois plus tard, il avait poussé l'un des adolescents contre un mur et lui avait empoigné les parties génitales. "Il existe un degré de dégradation et d'humiliation supplémentaires en ce que chacune des victimes savait que l'autre était témoin des abus", a déclaré le juge. Ces actes ont eu des répercussions "profondes" et "durables" pour les victimes.


Le prélat est très connu en Australie où il comptait parmi ses amis des premiers ministres et des magnats de l'industrie. Son avenir au sein de l'Eglise est désormais très incertain. Partout dans le monde, l'Eglise catholique a été minée par une vague de scandales de pédophilie. Mais le juge de Melbourne a souligné que c'était le procès du cardinal, pas celui de l'institution. "Vous ne devez pas servir de bouc émissaire", a-t-il ajouté. "Je ne suis pas là pour juger l'Eglise catholique".

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