Aux États-Unis, les théories du complot font toujours recette

Aux États-Unis, les théories du complot font toujours recette

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THÉORIES DU COMPLOTS – Un sondage du Washington Post révèle à quel point les Américains sont sensibles aux théories complotistes et aux fausses informations. Un "succès" qui dépend grandement de de leur opinion politique.

Le dernier sondage du Washington Post a de quoi ajouter un peu d'eau au moulin des adeptes de l’"Amérique-bashing". Cette étude du quotidien américain, reprise ce vendredi par L'Obs, met en lumière la tendance de la population américaine à se croire à différentes théories du complot et décortique les raisons de ce succès. 


Il serait en effet beaucoup plus facile de croire à certaines théories du complot si celles-ci sont en adéquation avec son idéologie politique. 

L'étude se penche notamment sur l'affaire récente du "Pizzagate". Cette théorie a vu le jour sur le web, après la divulgation des e-mails du camp Clinton lors de la campagne présidentielle. Repérant des références à une pizzeria de Washington, des complotistes ont affirmé que l'établissement servait de façade pour cacher un réseau de pédophilie. 


À en croire les complotistes, des "codes" seraient même utilisés dans des échanges entre membres de l'équipe de la démocrate pour évoquer, pêle-mêle, des actes de pédophilie, des trafics d’êtres humains et des rites sataniques. L'écho reçu par cette étrange théorie du "Pizzagate" a été tel qu'un homme a même ouvert le feu à l'intérieur du restaurant alors qu'il venait pour "enquêter" sur la présence d'enfants et les sauver.


Or, d'après le sondage du Washington Post, menée auprès de 1376 adultes à la mi-décembre, 46% des électeurs de Donald Trump jugent véritables les informations sur le "Pizzagate". Chose étonnante, 17% des électeurs démocrates adhèrent eux aussi à cette idée. Nous sommes loin de "la poignée de cinglés", résume le Washington Post.

Autre théorie du complot qui a bénéficié d'un large écho : la question du lieu de naissance de Barack Obama. Car pendant sa campagne puis sa présidence, de nombreuses voix, dont celle de Donald Trump, se sont élevées pour réclamer la publication de son acte de naissance, assurant qu'il était né au Kenya et non à Hawaï, aux États-Unis. 


La diffusion par la Maison Blanche de l’acte de naissance du futur ex président indiquant qu’il est né à Hawaï n’y fait rien, pas plus que les paroles de Donald Trump lui-même, pendant la campagne ("Le président Barack Obama est né aux Etats-Unis, point final") : plus de la moitié des électeurs pro-Trump (52%) croient toujours que Barack Obama est né au Kenya, et non à Hawaï, aux États-Unis.

Chez les électeurs démocrates, ils sont 11% à croire que Barack Obama est né au Kénya.

50% des pro Clinton pensent que la Russie a truqué les résultats de l'élection

Concernant l’élection présidentielle de novembre, près de deux électeurs pro-Trump sur trois et un électeur pro-Clinton sur quatre estiment que des millions de votes illégaux ont été comptabilisés. Dans ce contexte, la question de l’implication russe dans la campagne et le résultat du scrutin est là-aussi posée. 


Chez les votants démocrates, 87% pensent que le piratage des e-mails d’Hillary Clinton par la Russie, dénoncé par des rapports du FBI et de la CIA, a été mené dans le but de favoriser Donald Trump. Le futur président, lui, a contesté les conclusions des agences américaines. Sans surprise, ses électeurs sont 80% à rejeter l'idée d'une ingérence russe dans l'élection américaine.


Concernant une implication plus directe de la Russie dans le scrutin présidentiel, le sondage indique que la moitié des électeurs d'Hillary Clinton pensent que Moscou a tout simplement trafiqué directement les résultats définitifs de l'élection, une idée qui ne s'appuie sur aucune preuve concrète. Les votants républicains, eux, sont 92% à estimer que le Kremlin n'est absolument pas intervenu dans ce résultat.

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