Avant la Biélorussie, quelles ex-républiques soviétiques se sont soulevées contre le pouvoir en place ?

A Minsk, en Biélorussie, durant l'une des marches de protestation.

HISTOIRE - Alors que la Biélorussie est le théâtre de protestations historiques depuis la réélection d'Alexandre Loukatchenko, d'autres pays, autrefois dans le giron soviétique, ont eux aussi connu des mouvements d'ampleur depuis le début du 21e siècle.

Depuis des jours, les manifestants et opposants au président Loukatchenko manifestent dans les rues pour protester contre sa réélection, réclament sa démission. Dimanche 16 août, plus de 100.000 personnes ont participé à un défilé dans la capitale à l'appel de la principale opposante, Svetlana Tikhanovskaïa, qui s'est dit prête à "assumer ses responsabilités" et gouverner le pays. Pour l'heure, l'Union Européenne a annoncé qu'un sommet extraordinaire allait se tenir dès mercredi pour évoquer ce sujet. Les appels au calme et au dialogue se succèdent mais rien n'y fait. Loukatchenko, épaulé par Poutine, semble bien accroché à son siège. Jusqu'à quand ? 

Au cours des années 2000, de nombreux pays, ex-républiques soviétiques ont connu des mouvements de contestation similaires, allant jusqu'à des démissions, voire la fuite de ses présidents en exercice, vainqueurs dans les urnes mais pourtant, largement contestés par les peuples. Petit tour dans le rétro. 

Toute l'info sur

Biélorussie : le peuple se soulève

Lire aussi

En 2003, la Géorgie

Après les élections législatives, entachées par de nombreuses fraudes dénoncées par l'opposition donnée gagnante dans les sondages, une vague de protestation inédite s'empare du pays. C'est "la Révolution rose". Les manifestations se succèdent alors dans la capitale Tbilissi. Le 22 novembre 2003, ce sont entre 50.000 et 100.000 personnes qui se réunissent dans les rues. Les manifestants conduits par le chef de file de l'opposition réformatrice, Mikhaïl Saakachvili, lancent alors un ultimatum au président Edouard Chevardnadzé et forcent les portes du Parlement. Au lendemain de ce tour de force, Chevardnadzé  démissionne. Mikhaïl Saakachvili est élu triomphalement le 4 janvier 2004.

L'Ukraine se soulève en 2004

En 2004, après le second tour de la présidentielle donnant le premier ministre Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, vainqueur, une "Révolution orange" secoue l'Ukraine. Les partisans de son opposant, Viktor Iouchthenko dénoncent des "falsifications" et entament un mouvement de protestation d'un ampleur populaire sans précédent. Ainsi, des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent des semaines durant à Kiev, la capitale. Le 3 décembre, la Cour suprême annule le scrutin. Viktor Iouchtchenko est élu président au "3e tour" de l'élection présidentielle, le 26 décembre.

Au Kirghizstan, en 2005

Comme en Ukraine l'année précédente, le Kirghizstan est traversé par un mouvement de protestation après des élections législatives de février-mars, jugées frauduleuses par l'opposition. Ainsi, le 24 mars, des milliers de manifestants se regroupent dans la capitale, Bichkek. Le pouvoir du président d'alors, Askar Akaïev est renversé en quelques heures. Il s'agit de la "Révolution des tulipes". L'un des dirigeants de cette révolution, Kourmanbek Bakiev, annonce que le président déchu a fui le pays. Porté au pouvoir en juillet 2005, Bakiev sera lui-même contraint à la fuite en 2010, après un soulèvement populaire sanglant à Bichkek.

En 2008, au tour de l'Arménie

Le 19 février 2008, l'élection dès le premier tour de Serge Sarkissian, le successeur désigné du président sortant Robert Kotcharian, est immédiatement contestée par l'opposition qui dénonce des fraudes. L'histoire se répète, une fois encore. Après onze jours de protestations pacifiques et alors que le pouvoir durcit le ton, de violents affrontements éclatent à Erevan entre des centaines de policiers anti-émeutes et des milliers d'opposants. Le bilan est lourd : dix morts. Un état d'urgence de 20 jours est alors décrété. Il est ainsi interdit de se rassembler et la publication par les médias de toute information n'émanant pas de sources gouvernementales est également proscrite. 

La Moldavie en 2009

Une impression de déjà-vu... En 2009, l'annonce de la victoire écrasante des communistes aux législatives du 5 avril déclenche de violentes manifestations à Chisinau, la capitale moldave. Le 8 avril, la révolte atteint son paroxysme avec le saccage par des milliers de jeunes du Parlement et de la présidence aux cris de "Liberté" et "Nous voulons être dans l'Europe". Les émeutes se soldent par la mort d'un manifestant et de nombreuses arrestations.

Les députés de l'opposition réussissent à bloquer l'élection du président, obtenant ainsi la dissolution du Parlement. La présidence moldave restera vacante pendant près de trois ans : ni les communistes, ni les pro-occidentaux n'ayant disposé, malgré trois législatives, de la majorité pour être en mesure de désigner le chef de l'Etat. 

L'Ukraine se soulève à nouveau en 2013

Fin 2013, la suspension par le gouvernement ukrainien de négociations sur un accord d'association avec l'Union Européenne déclenche des manifestations de l'opposition pro-européenne. Les manifestations et les violences vont durer deux mois. Fin janvier 2014, une offensive des forces anti-émeutes tourne à la guérilla urbaine. Le mois suivant, les violences font plus de 100 morts en trois jours. Le 22 février tout s'accélère : le Parlement destitue le président Ianoukovitch, devenu chef de file de l'opposition de Ioutchenko, qui fuit en Russie. Le 25 mai, c'est le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko remporte l'élection présidentielle.

L'Arménie se remet en colère en 2018

En avril 2018, ce petit pays du Caucase connaît une nouvelle montée de colère. Après avoir exercé le nombre de mandats maximum à ce poste de président, Serge Sarkissian renforce les prérogatives du Premier ministre et tente d'accéder à ce poste. Mais il se heurte alors à un important mouvement d'opposition mené par Nikol Pachinian, un député et ancien journaliste. Après plusieurs semaines de mobilisation massive dans le pays, le soulèvement populaire le contraint au départ. Sa démission est célébré dans tout le pays par des milliers de personnes. Le 8 mai 2018 , Nikol Pachinian est élu Premier ministre.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Israël/Palestine : l'Onu craint "une véritable guerre"

Remontées mécaniques, parcs d'attractions, clubs libertins : les absurdités des réouvertures à venir

Traque dans les Cévennes : un homme armé toujours en fuite après un double meurtre

Procès du meurtre d'Arthur Noyer : Nordahl Lelandais ne fera pas appel

État d'urgence : Castex annonce une 2e délibération dans la soirée après le rejet de l'article 1er

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.