Avec 9,1 milliards d'euros en 2018, la France enregistre une hausse de 30% de ses exportations d'armement

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RAPPORT - Le gouvernement a publié mardi un rapport officiel à destination du Parlement, concernant ses exportations d'armement sur l'année 2018. Avec 9,1 milliards d'euros de ventes, la France enregistre une hausse de 30% de ses exportations, ayant comme principaux clients la Belgique, le Qatar et l'Arabie saoudite.

Selon un rapport officiel du gouvernement destiné au Parlement publié mardi, les exportations d'armement français sont chiffrées à 9,1 milliards d'euros en 2018, effectuant un bond de 30% et faisant de la France, le troisième exportateur d'armement dans le monde, derrière les Etats-Unis et la Russie. Le Qatar, qui a versé 2,4 milliards d'euros à la France notamment en raison d'un gros contrat de 28 hélicoptères NH90 et d'un autre pour l'achat de 12 chasseurs Rafale supplémentaires, la Belgique, qui a acquis 442 blindés pour 1,1 milliard d'euros, et l'Arabie saoudite, client de la France pour près d'un milliard d'euros, sont les trois plus gros clients de la France en 2018.

Le Proche et le Moyen-Orient, première région d'exportation de la France

D'ailleurs, les Saoudiens, dont les achats d'armement français ont augmenté de 50% en un an, figurent également sur le podium des meilleurs acheteurs sur les dix dernières années (2009-2018), avec l'Inde, qui a acheté 36 Rafale, et le Qatar. Selon les chiffres officiels, le Proche et le Moyen-Orient restent en 2018 la première région d'exportation de la France, avec près de la moitié du total des prises de commandes. Pour Florence Parly, ministre des Armées citée dans le rapport, cette hausse de 30% des ventes d'armement constitue l'"un des meilleurs chiffres de ces vingt dernières années".


Régulièrement ciblée par les ONG et les parlementaires concernant ses ventes d'armement à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, engagés dans un conflit au Yémen depuis 2015, ayant fait des dizaines de milliers de victimes dont de nombreux civils, la France assure avoir obtenu des garanties concernant l'utilisation de ses armes par ces deux pays. Elle indique ainsi qu'elles ne seront pas utilisées contre des civils au Yémen, précisant que ses exportations sont soumises à "un processus de contrôle interministériel rigoureux".

La France doit arrêter de se rendre complice d'une des pires crises humanitaires dans le monde (...) subie par la population yéménite.Jon Cerezo, de l'ONG Oxfam France.

"Entretenir des relations économiques avec ces pays, c'est garder une prise sur des régions clés pour nos intérêts de sécurité, pour nos approvisionnements énergétiques", souligne Florence Parly, qui ajoute : "Exporter des équipements, c'est dynamiser notre industrie de défense." Dans ce rapport, le gouvernement insiste également sur la part grandissante des exportations en Europe, représentant 25% du total contre 10% en moyenne les années précédentes. "Ce chiffre traduit les efforts soutenus de construction de notre Europe de  la défense", note Mme Parly, alors que, outre la Belgique, l'Espagne figure aussi parmi ses cinq premiers clients.


Pour Tony Fortin, chargé d'études à l'Observatoire des armements, le rapport 2018 confirme ses "craintes les plus vives", déplorant notamment que "les contrats et les livraisons avec des pays accusés de crimes de guerre (Arabie saoudite) ou de  répression contre leur population (Egypte) atteignent des montants très élevés". Jon Cerezo, de l'ONG Oxfam France, somme la France d'arrêter "de se rendre complice d'une des pires crises humanitaires dans le monde et de la souffrance subie par la population yéménite depuis plus de 4 ans".

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