Avec la "loi Alan Turing", la Grande-Bretagne gracie des milliers d'homosexuels

Avec la "loi Alan Turing", la Grande-Bretagne gracie des milliers d'homosexuels

DirectLCI
MEA CULPA - La Grande-Bretagne a accordé ce mardi une grâce à plusieurs milliers personnes condamnées par le passé en raison de leur homosexualité. Elle se base sur la "loi Alan Turing", en hommage au mathématicien de génie qui avait été poursuivi en 1952 à cause de sa préférence sexuelle.

Ils avaient été punis… en raison de leur orientation sexuelle. Face à ce constat, la Grande-Bretagne a adopté ce mardi la loi Turing afin de gracier 65.000 homosexuels, dont 15.000 encore vivants. Ils avaient été condamnés en vertu de lois qui ne sont désormais plus en vigueur. 


Un pardon de masse qui a rendu Sam Gyimah, secrétaire d’Etat à la Justice, "immensément fier" : "C'est vraiment un jour capital. Nous ne pourrons pas effacer le mal qui a été fait, mais nous nous sommes excusés et nous avons pris des dispositions pour réparer ces torts", a-t-il salué via un communiqué. 

La décriminalisation de l’homosexualité décrétée en 1967

C’est le mathématicien et cryptologue Alan Turing - gracié à titre posthume par la reine Elizabeth en 2013 -  qui a donné son nom à cette loi. En 1952, celui qui avait cassé le code de communication secret des nazis (via la machine Enigma) avait été poursuivi en justice en raison de son homosexualité. Il avait accepté de subir une castration chimique pour éviter la détention… avant de se suicider deux ans plus tard. 


Pour rappel, au XVIe siècle, la sodomie était punie de pendaison outre-Manche. A partir de 1861, elle restait passible de prison jusqu’à la décriminalisation de l’homosexualité décrétée en 1967. Les associations LGBT ont ensuite mené un long combat afin d'obtenir les mêmes droits que les hétérosexuels. En 2001, elles sont finalement parvenues à obtenir l’abaissement de la majorité sexuelle à 16 ans pour les homosexuels. 

Une telle loi serait-elle la bienvenue dans l'Hexagone ? Pour Flora Bolter, co-présidente du Centre LGBT Paris-Ile de France, "une loi similaire ne s'impose peut être pas en France, compte tenu de la différence de proportions et de conditions de la pénalisation de l'homosexualité à l'époque contemporaine, mais oui, il y a des personnes qui ont été lésées par des pratiques et lois discriminatoires et une reconnaissance plus institutionnelle par les pouvoirs publics de ces injustices serait sans doute bienvenue".

En vidéo

Don du sang des homosexuels : "Tout repose sur la confiance"

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter