Avion détourné vers Genève : en dehors des heures de travail, la Suisse n'intervient pas

Avion détourné vers Genève : en dehors des heures de travail, la Suisse n'intervient pas

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HORAIRES - Un avion effectuant la liaison entre l'Ethiopie et l'Italie a été détourné lundi matin vers Genève. Mais l'aviation suisse est restée clouée au sol. Pourquoi ? Parce qu'il était encore un peu trop tôt, tout simplement.

Il y a des situations qui pourraient faire figure d'exception. Mais en Suisse, même le détournement d'un avion ne permet pas de déroger à la règle : l'heure, c'est l'heure. Alors quand l'appareil d'Ethiopian Airlines, assurant le vol Addis Abeba-Rome, a été détourné lundi matin par son propre copilote , l'aviation Suisse est restée clouée au sol. Et pour cause : les forces aériennes suisses ne sont disponibles que de 8h à midi et de 13h30 à 17h. L'Italie et la France ont donc escorté à sa place l'appareil jusqu'à Genève.

Cette étrange particularité helvétique nous est expliquée par le quotidien Le Matin . "Les autorités suisses ont été averties dès 4h30 du matin qu’un avion de ligne éthiopien se détournait de sa trajectoire en Italie et visait Genève", écrit le journal suisse. "La logique aurait voulu que l’alarme ait retenti aussitôt dans un de nos aérodromes militaires, avec des F/A 18 prêts à décoller (…). Sauf que même en cas d’urgence extrême, comme ce matin, l’aviation militaire s’en tient à son horaire".

Une "catastrophe" évitée

"Nous n’avons pas les moyens d’assurer un service de piquet 24 heures sur 24", reconnaît Laurent Savary, porte-parole des Forces aériennes helvètes. Compte tenu des restrictions budgétaires et de personnel, explique-t-il encore, la Suisse a passé "des accords avec les pays voisins pour assurer la police aérienne en dehors des heures d’ouverture de (ses) aérodromes militaires".

Problème : "Si le pirate de l’air éthiopien aux commandes de l’avion avait perdu la tête et décidé de se crasher sur Genève, les jets étrangers n’auraient pas été autorisés à le détruire en vol. Et comme aucun avion militaire suisse n’aurait été à disposition avant 8h du matin, la catastrophe aurait été totale", déplore Le Matin.

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