A 77%, les électeurs de Saint-Marin votent pour l'autorisation de l'avortement

A 77%, les électeurs de Saint-Marin votent pour l'autorisation de l'avortement

UN VOTE HISTORIQUE - La petite enclave montagneuse de Saint-Marin, dans le centre du territoire italien, vient d'autoriser l'interruption volontaire de grossesse jusqu'à douze semaines de grossesse.

Une révolution dans ce petit bout de territoire de 33.000 habitants à très forte identité catholique. Avant ce vote, la République de Saint-Marin faisait encore partie des derniers États européens, avec Malte, Andorre et le Vatican, à entièrement interdire l'interruption volontaire de grossesse (IVG) même en cas de viol, d'inceste, de maladie du fœtus ou de danger pour la mère.

Par référendum, organisé à l'initiative de l'Union des femmes saint-marinaises (UDS), 77,3% des votants ont dit "oui" à l'option de donner aux femmes le libre choix d'avoir recours à l'IVG jusqu'à douze semaines de grossesse, selon les résultats définitifs. Après ce délai, l'avortement ne serait autorisé qu'en cas de menace pour la vie de la mère ou lorsque des anomalies ou des malformations détectées chez le fœtus "comportent un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme".

Avant ce vote, l'avortement était considéré comme un crime

La victoire du "oui" constitue un changement radical pour Saint-Marin, avec une interdiction de l'IVG qui date de 1865 et a été confirmée sous le régime fasciste (1923 à 1943) et par le code pénal de 1974. Les résistances à la légalisation de l'avortement étaient fortes, à commencer par celle du Parti démocrate-chrétien (PDCS) au pouvoir, qui avait appelé à voter "non" pour "défendre le droit à la vie".

Si les consignes de vote du PDCS, qui dispose d'un peu plus d'un tiers des sièges de députés au Parlement, étaient claires, ce sujet de société transcende les traditionnels clivages politiques, de nombreux croyants étaient en faveur du libre choix. "C'est une défaite pour ce pays qui a toujours défendu la vie", a réagi auprès de l'AFP le secrétaire adjoint du PDCS, Manuel Ciavatta. Mais "on respectera la voix des électeurs" et "le gouvernement présentera un projet de loi d'ici six mois" qui sera ensuite soumis au Parlement, a-t-il assuré.

À en croire les chiffres de l'Institut des statistiques de l'Italie (Istat), cités par le comité opposé à l'avortement, le recours des Saint-Marinaises à l'IVG a été cependant assez limité. Entre 2005 et 2019, une vingtaine d'entre elles l'ont pratiqué chaque année en Italie et la tendance a nettement diminué en 2018 (12) et 2019.

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