Avortement : le gouvernement de Trump s'oppose à une adolescente sans papiers

Avortement : le gouvernement de Trump s'oppose à une adolescente sans papiers

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ÉTATS-UNIS - Le gouvernement de Donald Trump a suggéré vendredi des sanctions disciplinaires à l'encontre des avocats d'une adolescente sans papiers. Celle-ci a obtenu le droit d'avorter alors qu'elle était détenue dans un centre de rétention migratoire.

Depuis l'élection de Donald Trump, les restrictions à l'encontre du droit à l'avortement se multiplient aux Etats-Unis. Dernier exemple en date : celui de cette jeune fille identifiée sous le pseudonyme de "Jane Doe". Âgée de 17 ans, cette adolescente sans papiers a obtenu le droit d'avorter alors qu'elle était détenue dans un centre de rétention migratoire. Ce qui n'est pas du goût du gouvernement, qui a suggéré vendredi des sanctions disciplinaires à l'encontre de ses avocats. L'adolescente, détenue au Texas après être entrée clandestinement aux Etats-Unis, avait demandé à avorter en septembre. Les autorités lui avaient laissé le choix entre ne pas avorter ou accepter d'être expulsée pour obtenir ailleurs une interruption volontaire de grossesse. 


La jeune femme s'est alors tournée vers l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui a mené une âpre bataille sur ce dossier. Finalement, la cour d'appel fédérale de Washington, siégeant en assemblée plénière, a affirmé le 24 octobre le droit de "Jane Doe" à obtenir un avortement. En se fondant sur ce jugement favorable, les soutiens de l'adolescente l'ont conduite se faire pratiquer une IVG dès les premières heures du 25 octobre, court-circuitant ainsi le ministère de la Justice, qui avait prévu de saisir la Cour suprême ce même jour.

"Ce gouvernement a mobilisé des moyens stupéfiants"

Un délai qui est au cœur d'une polémique entre l'ACLU et le gouvernement : en effet, la loi au Texas impose un délai d'au moins 24 heures entre un premier entretien de conseil avec le médecin avorteur et l'IVG en elle-même. Les avocats du gouvernement affirment que leurs homologues de l'ACLU leur avaient assuré que l'entretien se déroulerait le 25 octobre, pour une intervention le 26. En fait, l'adolescente avait déjà passé un entretien médical le 19 octobre, ce qui selon l'ACLU a permis l'IVG dès le petit matin du 25 octobre.

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"Ce gouvernement a mobilisé des moyens stupéfiants pour empêcher cette jeune femme d'obtenir un avortement. Aujourd'hui, car ils ont échoué à la bloquer, ils mettent en cause de façon infondée notre conduite", a dénoncé David Cole, le directeur juridique de l'ACLU. Le dossier présentait de toute façon un caractère d'urgence : Jane Doe était enceinte le 24 octobre de plus de 15 semaines, alors que le Texas prohibe la plupart des avortements au-delà de 20 semaines.

Une semaine après l'IVG de la jeune femme, le gouvernement n'entend pas en rester là. Dans un recours de 130 pages adressé à la Cour suprême des Etats-Unis, le ministère américain de la Justice accuse les défenseurs de la jeune fille d'avoir précipité son interruption de grossesse, sans leur laisser le temps de poursuivre la bataille judiciaire. Un recours qui illustre la détermination actuelle du gouvernement américain à agir en faveur des opposants à l'avortement, qui contrôlent la Maison Blanche et le Congrès.

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