Avortement, PMA, mariage gay : au Vatican, Macron aborde les "sujets qui fâchent"... avec diplomatie

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DISCUSSIONS – Pour sa première visite au Vatican, Emmanuel Macron a profité de son long temps d’échange avec le pape François pour aborder divers sujets dont la question de la laïcité en France. Mais aussi des questions plus controversés comme le mariage pour tous ou la procréation médicalement assistée.

Près d’une heure d’entretien en tête-à-tête avec le pape François, des échanges avec la communauté catholique de Rome, des visites, une célébration : la visite a été "intense" et "enrichissante", a assuré le chef de l’Etat. Cette première virée en papauté a certainement mis des étoiles dans les yeux d’Emmanuel Macron, mais ne lui a pas fait oublier d’aborder, même avec un peu de retenue, des sujets délicats.

A ceux qui s’interrogeaient et le taxaient de quête de clientélisme, le président de la République s’est montré catégorique : "La France a des racines judéo-chrétiennes", mais elle reste une terre de laïcité. Et la laïcité à la française n’est pas "une lutte contre la religion", a-t-il martelé. "Je tiens à ce lien un peu particulier, fruit de notre histoire et parfaitement compatible avec la France contemporaine", a évoqué le chef de l’Etat, avançant "une spécificité nationale" qui "n’impose pas la neutralité de la société". Pour Emmanuel Macron, la laïcité est "la liberté de croire et ne pas croire", la reconnaissance d’un "ordre temporel et d’un ordre spirituel", a rappelé le désormais "premier et unique chanoine d'honneur" de la basilique Saint-Jean-de-Latran.


Et ces principes de spirituel et de temporel, Emmanuel Macron a indiqué en conférence de presse en avoir aussi fait part au pape François au terme d’une discussion "extrêmement riche, intense et libre". "Nous n’avons pas regardé nos montres, c’est comme ça quand les conversations sont intenses", a-t-il expliqué à la presse. Une atmosphère propice visiblement aux échanges sur des sujets qui peuvent fâcher. "Nous avons abordé les sujets de malentendus ou d’incompréhension entre la France et l’Église catholique ces dernières années, sur lesquels la société évolue et qui doivent être l’occasion d’un débat respectueux pour que chacun trouve légitimement sa place", a-t-il avancé.

Et en premier lieu, le président est revenu sur le droit à l’avortement : "Il y a des principes, dans l’église catholique, qui ont été défendus par les catholiques comme le principe de vie. Et il y en a dans la vie quotidienne aussi, comme le droit des femmes à disposer de leur corps. Il faut composer avec tous les principes et il y a eu des lois pour ça." Et de résumer : "Ces lois, ce sont toujours un moindre mal. Je n’ai jamais croisé une femme qui avortait avec joie. Gouverner, c’est souvent choisir le moindre mal."


Emmanuel Macron a expliqué avoir également évoqué le mariage pour tous avec le pape François qui ne s’est jamais permis de donner de leçon sur la politique française, sur aucun sujet. "Le mariage pour tous, c’est une envie de femmes et d’hommes d’être reconnus comme les autres. Est-ce qu’on doit ne pas leur reconnaître un droit ? Est-ce que c’est retirer un droit à des gens qui l’ont ? Je crois que cette loi apporte une vraie avancée", a-t-il indiqué après en avoir fait part au Saint-Père, tout comme la question de la procréation médicalement assistée (PMA). Un sujet qui mérite de faire son cheminement, selon lui : "Il faut accepter aussi le principe de projet parental pour une femme seule, un couple du même sexe… A partir du moment où on sait le faire, pourquoi ne peut-on pas octroyer ce droit ?" 


Des missions d’information ont d’ailleurs été annoncées en même temps en France. Elles vont être copilotées par deux hommes aux positions pourtant divergentes, les députés Jean-Louis Touraine (LaREM), favorable notamment à l'extension de la PMA, et Xavier Breton (LR), membre de l'Entente parlementaire pour la Famille et président du groupe d'études sur les relations avec le Vatican. 

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