Azerbaïdjan : dix ans de prison pour un graffiti

International

DICTATURE - En Azerbaïdjan, deux étudiants ont été arrêtés après avoir tagué une statue de l'ancien président. L'un d'eux a été condamné à dix ans de prison. Sans compter les coups et humiliations de la police.

L'Azerbaïdjan est, officiellement, une République qui se veut démocratique. Le Président Ilham Aliyev est en fonction depuis 2003, réélu deux fois. Son père et prédécesseur, Heydar Aliyev, a gouverné entre 1993 et 2003. Voilà pour le contexte. Derrière cette ancienne République soviétique se cache une des dictatures les plus dures du Caucase. Giyas Ibrahimov et Bayram Mammadov en ont récemment fait les frais.

Ces deux jeunes ont été arrêtés, violentés et, le 25 octobre dernier, Giyas condamné à dix ans de prison pour avoir fait... des graffitis, rapporte Amnesty international. Le 9 mai 2016, les deux étudiants azerbaïdjanais graffent sur une statue d'Heydar Aliyev "Bonne fête de l'esclavage", en référence à la "fête des fleurs" qui commémore l'anniversaire de l'ancien président tous les 10 mai. Ils prennent leur oeuvre en photo et la postent sur Facebook.

Arrêtés, frappés, humiliés, menacés de viol

Giyas a 22 ans. Avec son ami Bayram, ils sont membres du mouvement pro démocratie NIDA. Dès le lendemain, ils sont arrêtés. Les policiers les accusent d'être en possession "d’environ huit grammes d’héroïne", raconte Amnesty, alors que les deux jeunes ne sont interrogés qu'au sujet du graffiti. A plusieurs reprises, les policiers leur demandent de s'excuser publiquement d'avoir insulté Heydar Aliyev. Les étudiants refusent. Ils seront roués de coups. Selon Amnesty, leur avocat affirme qu’ils étaient couverts de bleus après leur interrogatoire, qu'ils ont été menacés de viol, et ont été forcés à nettoyer les toilettes du poste de police tandis qu’ils étaient filmés, acte se voulant humiliant.

Le 25 octobre, le tribunal chargé des crimes graves à Bakou (capitale du pays) a finalement condamné Giyas Ibrahimov à dix ans d’emprisonnement. Il a été déclaré coupable d’infractions en relation avec les stupéfiants. Pour Amnesty, il n'y a pas de doute, "Giyas Ibrahimov et Bayram Mammadov sont des prisonniers d'opinion" et les charges relatives aux stupéfiants "ont été fabriquées dans le seul but de les sanctionner pour leurs activités politiques".

Pour ce qui concerne Bayram Mammadov, son procès est toujours en cours. Il risque la même peine. Voilà la République d'Azerbaïdjan.

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