Bande de Gaza : l'armée israélienne essuie son plus sévère coup depuis 2014

International

CONFLIT - Deux Palestiniens ont été tués, dimanche 18 février, par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, lors d'une poussée de fièvre qui a ravivé le spectre d'une confrontation dans l'enclave, en proie à une crise aiguë.

Week-end sous tension aux abords de la bande de Gaza. Deux Palestiniens ont été tués ce dimanche par des tirs israéliens, quelques heures après un incident impliquant quatre soldats. Une poussée de fièvre sans précédent depuis la guerre de 2014 dans cette enclave, où le spectre d’une confrontation est plus que jamais ravivé.

Tout avait débuté la veille, quand quatre soldats israéliens ont été blessés - dont deux gravement - dans l'explosion d'un engin piégé le long de la barrière israélienne entre Israël et le territoire palestinien. Ils ont été piégés par un engin apparemment dissimulé auprès d'un drapeau qui a attiré leur attention. L'armée pense que des Palestiniens ont tendu ce guet-apens en profitant des manifestations qui ont lieu tous les vendredis près de la barrière. En représailles, les jets et les chars de l'armée israélienne ont frappé au total 18 cibles du Hamas, selon l'armée. Deux Palestiniens ont été blessés dans les raids, puis deux autres tués, le dimanche à l’aube.

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Un groupe nébuleux à l'origine de l'attaque

Si la région a été le théâtre de manifestations ces derniers mois, suite à la décision de Donald Trump de déplacer l'ambassade américaine à Jérusalem, manière tacite de la reconnaître comme la capitale d’Israël, ces incidents ne sont pas anodins : ils constituent le coup le plus sévère essuyé par l'armée depuis 2014. A qui la faute ? Durant le week-end, l'armée a répété tenir le Hamas pour responsable de tout ce qui se passe "dans et sous" la bande de Gaza, une référence aux tunnels souterrains creusés par les Palestiniens pour se soustraire au blocus ou porter la menace militaire en Israël.

Des accusations auxquelles n’a pas répondu la faction palestienne, demeurée silencieuse, alors que l’attaque à la frontière était revendiquée par les Comités de résistance populaire. Ce groupe nébuleux mais connu a déclaré être à l’origine de cet "acte héroïque", comme la réponse aux agissements israéliens et un "important message" de résistance. Les Comités, fondés en septembre 2000, sont une organisation armée radicale regroupant des éléments de différents groupes nationalistes comme islamistes, ayant participé à l'enlèvement en 2006 du soldat israélien Gilad Shalit, libéré en 2011.

"Notre politique consiste à préserver le calme à Gaza, à éviter la guerre", a assuré au Monde Ghazi Hamad, cadre du Hamas et responsable des relations internationales. Une guerre que de nombreux témoins redoutent : la trêve, instaurée depuis le conflit de 2014 et ses 2251 morts côté Palestinien, est régulièrement ébranlée par des actes hostiles, maintenant constamment les deux camps à la merci d'une escalade. La volatilité est encore accrue par la situation humanitaire et économique dans l'enclave palestinienne et les pressions sur le Hamas. Les mises en garde se multiplient devant la détérioration des conditions dans l'enclave, éprouvée par les guerres, la pauvreté, le chômage, les blocus israélien et égyptien et les pénuries d'électricité, d'eau et de médicaments.

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