Barack Obama - François Hollande : mais pourquoi tant d'amour ?

Barack Obama - François Hollande : mais pourquoi tant d'amour ?

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ANALYSE – Se donnant du "François" et du "Barack", le président français et son homologue américain n'en finissent pas d'afficher leur entente parfaite depuis lundi. Une attitude qui ne doit rien au hasard. Explications.

Quelques phrases balbutiantes en anglais pour l'un, plaisanteries glissées en français pour l'autre... Depuis l'arrivée de François Hollande sur le sol américain ce lundi, le président français et son homologue Barack Obama rivalisent de mots complices pour afficher au grand jour les liens étroits entre les deux nations.

Vol à bord d'Air Force One, honneurs militaires, fastueux dîner... les Etats-Unis couvrent en effet d'attentions le chef d'Etat tricolore, en particulier durant le volet washingtonien de cette visite, la première du genre pour un chef d'Etat français en 18 ans. Et pour cause : les deux hommes ont besoin l'un de l'autre. Pourquoi Barack Obama est-il aussi démonstratif ? Pourquoi tant d'amour franco-état-uniens ? Explications.

1. Obama a besoin de Hollande sur les dossiers internationaux

Il semble loin le temps où Washington vilipendait Paris pour son opposition à l'invasion en Irak. Désormais, les deux pays veulent afficher leur harmonie sur les dossiers chauds du moment. Les Etats Unis, qui ne veulent plus jouer le rôle du "gendarme du monde", reconnaissent d'ailleurs le leadership tricolore sur les dossiers malien et centrafricain. "Un seul pays ne peut venir à bout de tous les défis", ont écrit Barack Obama et François Hollande dans une tribune commune publiée dans Le Monde. Les deux hommes ont aussi évoqué leurs positions communes sur l'Iran et la Syrie, et souligné que l'Afrique "du Sénégal à la Somalie" est le théâtre "le plus visible" de leur "nouveau partenariat".

2. Obama a peut-être quelque chose à se faire pardonner...

Barack Obama a-t-il quelque chose à se reprocher sur le dossier syrien ? En septembre dernier, le président américain avait en effet "lâché" Paris au dernier moment s'agissant d'éventuelles frappes, laissant François Hollande dos au mur. Il n’y a, souligne-t-on désormais à l’Elysée, ni "acrimonie" ni "amertume" à l’égard de la Maison Blanche.

3. Barack Obama n'aimait pas Nicolas Sarkozy

La dernière visite d’État d'un président français aux États-Unis remonte à 1996, du temps de Jacques Chirac. Son successeur, Nicolas Sarkozy, n'avait en effet pas eu cet honneur. Et pour cause, sa relation avec Barack Obama n'était pas au beau fixe. Elle était même "exécrable", selon François Heisbourg, président de la Fondation pour la recherche stratégique, cité par BFMTV. Barack Obama, de passage à Paris en juin 2009, avait d'ailleurs refusé un déjeuner à l’Élysée. Recevoir François Hollande en visite d'État, c'est retrouver l'amitié entre les deux pays. 

4. Des passions communes (...et des intérêts aussi)

Au-delà de la high-tech, François Hollande et Barack Obama partagent "une même obsession": remettre les économies de leur pays sur la voie d'une croissance dynamique, fait-on valoir à Paris. Des économies fortement imbriquées : près d'un demi-million d'emplois sont générés par des entreprises françaises aux Etats-Unis et réciproquement. Mercredi, François Hollande fera un crochet par San Francisco pour promouvoir les start-up françaises réunies au sein d'un "French Tech Hub" –quelques-uns de leurs dirigeants seront aussi à bord de l'Airbus présidentiel– et y retrouver les patrons des géants d'internet, Facebook, Twitter, Mozilla ou Google.

5. La force du pardon

La NSA, l'agence de renseignement américaine, est au cœur d'un vaste scandale depuis l'été 2013 , les révélations de son ancien collaborateur Edward Snowden ayant mis en lumière des pratiques d'espionnage à grande échelle, notamment de dirigeants étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel. Des pratiques qui avaient scandalisé Paris... avant que François Hollande ne passe l'éponge. "Il y a une confiance mutuelle qui a été restaurée (et) qui doit être fondée à la fois sur le respect de chacun de nos pays et également sur la protection de la vie privée", a déclaré ce mardi le président français.

6. France - USA : des amis historiques

Une première visite lourde de sens. Dès son arrivée sur le sol américain, Barack Obama a emmené son homologue pour effectuer un pèlerinage au domaine de Monticello (Virginie, est), le fief du troisième président américain (1801-1809). Acteur de premier plan de l'indépendance soutenue par la France contre le pouvoir colonial britannique, Jefferson fut en effet l'un des premiers représentants diplomatiques des Etats-Unis à Paris. Histoire toujours, avec cette fois-ci les cérémonies du débarquement des alliés en 1944 : Barack Obama a annoncé ce mardi avoir accepté l'invitation française à se rendre sur les plages de Normandie l'été prochain.

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