Bataille de Mossoul : la crainte d’un désastre humanitaire se renforce

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FLÉAU – Si la défaite des djihadistes de Daech semble plus proche que jamais à Mossoul depuis l’entrée des forces irakiennes dans la ville, l’inquiétude grandit quant au sort des civils.

Les Nations unies et les organisations humanitaires craignent un bain de sang à Mossoul. Alors que les forces armées irakiennes ont annoncé mardi leur entrée dans le principal bastion de Daech en Irak, le sort des civils est plus que jamais au centre de toutes les inquiétudes. Selon l’ONU et des ONG présentes dans le pays, 1,5 million de personnes, parmi lesquelles 600.000 enfants, se trouvent toujours prises au piège des djihadistes. 


"Le risque pour les civils est au plus haut", souligne Lynn Maalouf, directrice adjointe des recherches au bureau régional de Beyrouth d'Amnesty International. "Le mépris total de [Daech] pour la sécurité des civils, qui les utilise délibérément comme boucliers humains, expose encore davantage la population qui se trouve dans des zones de combat actif, alors que les forces irakiennes poursuivent leur progression."

25.000 personnes transportées de force vers Mossoul

Preuve de cette volonté de se servir des civils comme moyen de défense, l’ONU a fait savoir lundi que les djihadistes ont tenté de transporter par camions quelque 25.000 civils de la périphérie de Mossoul vers le cœur de la ville. La plupart ont été empêchés par les raids aériens de la coalition internationale. 


"Nous avons de sérieuses inquiétudes quant à leur sécurité et à celle des dizaines de milliers d'autres civils qui auraient été déplacés de force durant ces deux dernières semaines", déplore la porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Ravina Shamdasani. Selon elle, un "modèle" de défense serait en train d’émerger des rangs de Daech : les combattants encercleraient leurs bâtiments de civils afin de les utiliser "comme boucliers humains". 

L’insuffisance des camps humanitaires de la région

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 20.000 habitants ont fui la ville depuis le lancement de l’offensive le 17 octobre. Mais le rythme pourrait s’accélérer et ce chiffre exploser pour atteindre un million de personnes. Une situation jugée préoccupante par les Nations unies, d’autant plus que les camps humanitaires de la région ne disposent plus que de 55.000 places disponibles. 

Les vies d'1,2 million de civils sont en grand danger et l'avenir de l'Irak tout entier est maintenant en jeu Wolfgang Gressmann, directeur pour l’Irak du Conseil norvégien pour les réfugiés

Ce mercredi, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) va dans le même sens que l’ONU. "Nous nous préparons à présent pour le pire. Les vies d'1,2 million de civils sont en grand danger et l'avenir de l'Irak tout entier est maintenant en jeu", estime le directeur pour l'Irak du NRC, Wolfgang Gressmann. "Les habitants ont pendant près de deux ans et demi vécu un cauchemar terrifiant et ininterrompu. Nous avons tous à présent la responsabilité de mettre un terme à cela."

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