Belgique : la coalition entre les mains de Bart de Wever

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CASSE TÊTE - Le chef des nationalistes flamands Bart De Wever a été chargé mardi par le roi des Belges de mener des consultations pour tenter de former un gouvernement. Mais le succès de sa mission est loin d'être garanti.

Une semaine. C'est le temps que le roi des Belges Philippe a laissé mardi à Bart de Wever pour mettre sur pied une coalition afin de former "rapidement" un gouvernement. Une mission délicate pour le chef des nationalistes flamands de la N-VA, grands vainqueurs des législatives – 32% des voix, soit 33 sièges sur 150 - qui se sont déroulées dimanche. Et pour cause : celui qui n'a jamais participé à un gouvernement va devoir se mettre autour de la table avec les protagonistes de la longue crise de 541 jours qui avait suivi les législatives, en 2010.

Sur le papier, la tâche paraît presque simple. Bart De Wever a clairement fait savoir que sa préférence allait à une coalition de droite avec, côté néerlandophone, les chrétiens-démocrates du CD&V et/ou les libéraux de l'Open VLD. Problème : ces deux partis, membres de la coalition sortante, se sont jusqu'ici contentés d'indiquer qu'ils écouteraient les propositions de la N-VA. De plus, le dirigeant nationaliste âgé de 43 ans devra convaincre des formations francophones de le rejoindre au gouvernement fédéral. Or, ces derniers ont été quelque peu échaudés dimanche soir par les déclarations du nouvel homme fort du pays. Il avait estimé que sa priorité consistait à "sauvegarder les intérêts de la Flandre" au niveau fédéral.

"Continuer de l'avant"

"Former un gouvernement fédéral va être très difficile" car "la campagne de la N-VA a mis l'accent sur les oppositions entre le nord et le sud du pays", souligne Bart Sturtewagen, rédacteur en chef du Standaard, l'un des principaux quotidiens flamands. Et la presse locale d'envisager une seconde piste : une reconduction de la large coalition sortante menée par le socialiste Elio Di Rupo , composée de libéraux, de socialistes et de démocrates-chrétiens. Une hypothèse crédible, les partis traditionnels ne s'étant pas effondrés dans les urnes.

"J'espère du fond du cœur que se dégagera rapidement une majorité gouvernementale qui permettra à notre pays de continuer de l'avant", a lancé le leader socialiste francophone, en rappelant ses priorités : "stabilité de notre pays, la sécurité sociale, l'emploi et la justice fiscale". Soit des thèmes à mille lieues de ceux défendus par Bart De Wever. En 2010, son N-VA avait recueilli 28,3% des voix en Flandre, et il avait déjà été chargé par le roi de former une majorité. En vain. "Bart De Wever Premier ministre, ce serait comme confier la garde du poulailler à un renard", a ironisé dimanche soir Elio Di Rupo.

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