Belgique : Marc Dutroux écrit "sa vérité" au père d'une victime

Belgique : Marc Dutroux écrit "sa vérité" au père d'une victime

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BELGIQUE - Le tueur pédophile belge Marc Dutroux, condamné à la prison à perpétuité en 2004, vient d'écrire une longue lettre au père d'une de ses victimes. Un long délire de 44 pages qui ravive l'émotion de cette affaire criminelle, considérée comme la pire de l'histoire de la Belgique.

Il dit vouloir livrer sa "vérité". Dix ans après son procès, et après autant d'années de silence, le tueur et pédophile belge Marc Dutroux vient d'écrire une longue lettre depuis sa cellule. Une missive de 44 pages, adressée à Jean-Denis Lejeune. L'homme est très connu en Belgique : père de Julie, une des victimes du pédophile retrouvée morte, il est devenu le centre de tous les regards pendant plusieurs années à travers son combat médiatique pour la défense de la mémoire des fillettes assassinées.

Marc Dutroux, condamné pour l'enlèvement, la séquestration et le viol, entre 1995 et 1996 de six fillettes et adolescentes belges, et la mort de quatre d'entre elles, aurait entamé l'écriture de cette lettre en août 2012, selon les informations du quotidien d'outre-Quiévrain La Dernière Heure . C'est à cette période que son ex-femme et complice, Michelle Martin, a obtenu une libération conditionnelle après avoir purgé 16 des 30 ans de prison auxquelles elle avait été condamnée. Elle séjourne depuis dans un couvent au centre du pays.

"Un psychopathe insensible à la douleur"

Dutroux, s'affirmant "libéré du devoir de se taire" parce que "la mère de ses enfants" est sortie de prison, affirme, lui, avoir désormais l'obligation d'informer Jean-Denis Lejeune. Dans une auto-justification qui ressemble plus à un "délire", selon les médias belges qui ont eu accès à la lettre, le tueur nie avoir enlevé les six enfants et adolescentes ou voulu leur mort. Tout comme il nie être un pédophile. Marc Dutroux continue, comme il l'avait fait durant son procès, de défendre la théorie d'un vaste complot politico-judiciaire. Il évoque ainsi l'action d'une bande criminelle et charge son ex-femme Michelle Martin.

"Il commence à s'ennuyer et veut à nouveau faire souffrir", explique un psychiatre, interrogé par la chaîne de télévision RTL-TVI. Une perversité parfois flagrante, comme dans ce passage où le meurtrier se met sur un pied d’égalité avec le père de sa victime : "Qui peut mieux comprendre et ressentir la détresse, la révolte, la colère et tous les autres sentiments négatifs qui rongent le cœur d’un père meurtri par la mort de son enfant qu’un autre père qui endure les mêmes tourments…". Des passages qui apparaissent, pour le psychiatre, comme "totalement caractéristiques d'un psychopathe insensible aux valeurs humaines et à la douleur".
 

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