Belle, l'étudiante actrice porno, répond à ses détracteurs

Belle, l'étudiante actrice porno, répond à ses détracteurs

DirectLCI
ETATS-UNIS – En janvier, les étudiants de Duke (Caroline-du-Nord) apprenaient qu'une consœur de première année tournait dans des films porno pour financer ses études. Une activité qui suscite de vives critiques auxquelles elle a personnellement répondu.

C'est une révélation qui fait du bruit à l'Université de Duke , en Caroline du Nord. Depuis janvier en effet la double vie de Miriam, une étudiante de première année, est au centre de toutes les rumeurs estudiantines. Celle-ci mène en effet en parallèle une carrière d'actrice porno sous le pseudonyme de Belle.

Dans une tribune publiée sur xojane.com afin de réagir aux rumeurs, elle explique son choix en mettant en avant les frais d'inscription exorbitants de l'Université. A savoir 60.000 dollars par an, soit près de 44 000 euros. Une somme dont elle ne dispose pas. "Ma famille a traversé d'importantes difficultés financières, et j'y ai vu [dans le porno] une façon de sortir de l'université de mes rêves sans aucune dette, en faisant ce que j'aime", explique la jeune femme.

"Je me suis fixé comme objectif de la b..."

Mais cette double vie a fait les choux gras d'Internet déclenchant une vague de commentaires où l'injure le dispute à l'outrance. Sur twitter, le compte @collegefession écrit : "J'ai découvert qu'une fille de ma promo était une porno star. Je me suis à présent fixé comme objectif de la b.... avant d'être diplômé". De l'influence néfaste du film American Pie.

Mais pour Miriam, le choix du X est tout sauf contraint : "Mon expérience dans le porno a été positive, excitante, saisissante et émancipatrice." Elle ajoute que grâce à cette activité et dans "un monde où les femmes sont souvent dépossédé de leur choix, [elle] a le plein contrôle de [sa] sexualité."

"la petite fille qui n'a pas conscience de ses actes"

Une argumentation qui peine à se faire entendre sur Collegiateacb.com , un forum pour étudiants. Le dossier Miriam y déchaîne les passions, certains de ses détracteurs ne se gênant pas pour publier son identité réelle et des parties de sa vie privée. Le site Encyclopedia dramatica , qui a fait de l'outrance sa marque de fabrique, lui a même consacré une page où rien n'est épargné à la jeune étudiante. Au cœur des commentaires acerbes, cette idée qui revient en boucle : "avoir des relations sexuelles sauvages et dégradantes avec des hommes permet donc à la femme de s'émanciper." Les photos de Belle en train de recevoir une éjaculation faciale étant censées prouver l'absurdité des positions défendues par Miriam.

Depuis la révélation de son activité dans le porno début janvier, la jeune étudiante a vécu un enfer. "J'étais appelée "la s... qui doit apprendre les conséquences de ses actes", "la grosse p...", et peut-être le plus offensant "la petite fille qui n'a pas conscience de ses actes, raconte-t-elle. Car soyons clairs sur une chose : je sais exactement ce que je fais." Elle dénonce au passage la domination masculine qui rabâche que pour les femmes "le sexe est un acte honteux et dégradant". Ce qui selon elle, explique le déchaînement de violences dont elle a été la cible.

Le cas classique du "slut shaming"

"Son histoire, c'est notre histoire à toutes, commente Ovidie, ancienne actrice X et blogueuse pour metronews. A toutes celles qui ont fréquenté de près ou de loin ce milieu. C'est le cas classique du "slut shaming", c'est-à-dire la discrimination contre la femme qui a la liberté de son corps. A l'inverse les hommes ne sont pas du tout victimes des mêmes pressions. Dans un cas similaire, un mec serait devenu l'homme plus populaire de la fac, au lieu d'être traité de salope."

Pour la réalisatrice de pornos féministes, Miriam a eu "parfaitement raison de se défendre. Ce n'est pas à elle de faire profil bas mais à ceux qui l'insultent. Elle doit rester droite dans ses bottes pour gérer l'après, sinon elle vivra un enfer." Et c'est bien ce que compte faire la jeune étudiante. "Je vais être diplômée, je vais poursuivre mes rêves, affirme-t-elle, et j'espère apporter du changement dans un monde ravagé par les normes genrés et le sexisme." 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter