VIDÉO - Bernard Kouchner sur la situation en Libye : "On ne peut pas bombarder et s'en aller, il fallait rester"

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BILAN - Bernard Kouchner a évoqué ce jeudi matin sur le plateau d'Audrey Crespo-Mara les réseaux d'esclavagistes découverts récemment en Libye. Si l'ancien ministre des Affaires étrangères ne regrette pas l'intervention de la France sous l'égide de l'ONU, il déplore en revanche la gestion de l'après-Kadhafi, en partie responsable de la situation actuelle.

"C'était une très bonne idée d'empêcher le bombardement de Benghazi, il y aurait eu des dizaines de milliers de morts". Six ans après l'intervention de la coalition internationale en Libye et la mort de Mouammar Kadhafi, Bernard Kouchner ne regrette pas l'implication de la France ni la chute du dictateur.


Invité ce jeudi matin dans l'émission politique d'Audrey Crespo-Mara sur LCI, celui qui fut ministre des Affaires étrangères sous Nicolas Sarkozy a évoqué la situation en Libye, pays rongé par le chaos, les milices armées et les trafics en tout genre, dont l'esclavage, six ans après la chute du régime qui était en place depuis 1969. Votée en mars 2011 à l'ONU, la résolution 1973 établit une zone d’exclusion aérienne dans le ciel libyen pour protéger la population civile et permet de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles menacées d’attaque.


Pour Bernard Kouchner, si l'intervention de l'Otan a permis d'éviter des massacres, il ne fallait pas partir après la chute du "Guide". "On ne peut pas aller bombarder et s’en aller, il fallait rester [...] , le premier vote après la fin du régime de Kadhafi était un vote démocrate, il y avait une majorité pour diriger le pays", pour l'ancien ministre qui regrette que le mandat de l'ONU n'ait pas été plus loin. "Nous avons dépassé l'objectif de la résolution, on a fâché nos amis russes", déplore-t-il.

Je comprends qu'Emmanuel Macron ne veuille pas jouer le gendarme du mondeBernard Kouchner

Si Bernard Kouchner critique l'attitude passive d'Emmanuel Macron et sa volonté de ne pas s'ingérer dans les affaires d'autres pays, l'ancien ministre affirme qu'il comprend "qu'il ne veuille pas jouer au gendarme du monde" mais pense que s'il avait été président dans les années 1990, "on ne serait jamais intervenus nulle part. Et qu'est-ce qu'on aurait fait du Kosovo ?", s'interroge-t-il. 


L'actuel président avait en effet indiqué qu'il regrettait l'intervention française en Libye de 2011.

Une action coercitive contre les réseaux de passeurs ?

Bernard Kouchner a en revanche salué la proposition d'Emmanuel Macron d'une action coercitive immédiate, une "task force" contre les réseaux de passeurs en Libye, avec la participation de "la police et de l'intelligence de plusieurs pays". Si "le dispositif n'est pas clair", l'idée est "nécessaire", avec éventuellement "l'envoi de forces françaises".


Cette intervention en Libye doit s'accompagner, selon lui, d'une exfiltration des populations et d'une garantie du droit d'asile. L'ancien ministre est favorable à ce que "la France accueille davantage de migrants".

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