"Le trumpisme et l'influence de Donald Trump vont perdurer bien après son départ"

Donald Trump et les républicains.

INTERVIEW - Après la défaite annoncée de Donald Trump, que reste-t-il de l'influence et des actions du 45e Président des Etats-Unis au sein du parti républicain ? Notre journaliste Guillaume Debré, spécialiste des États-Unis, estime que le trumpisme a encore de beaux jours devant lui.

Au bout de quatre jours de suspense, Joe Biden a été désigné comme "Président-élu". Une victoire que Donald Trump n'entend pas concéder de si tôt mais qui a, depuis, été saluée par plusieurs grandes figures du parti républicain. Un parti profondément chamboulé depuis quatre ans et l'accession de Trump à la Maison-Blanche. 

Quel bilan peut-on tirer de son influence au sein de ce parti conservateur au cours de ces quatre dernières années ? Notre Guillaume Debré,  spécialiste des États-Unis et auteur de "Je twitte donc je suis, l'art de gouverner selon Trump" (Ed. Fayard), nous éclaire sur la question. 

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Guillaume Debré - Dans cette élection, il faut se rendre compte que Donald Trump a gagné 8 millions de voix de voix et les républicains ont gagné du terrain dans les législatures locales. On pourrait comparer cela à nos conseils régionaux qui sont très influents et importants dans la démocratie américaine. Les républicains y ont fait un carton. Au cours du mandat de Donald Trump, on a vu émerger une génération beaucoup plus radicale. Désormais, au niveau local, ils contrôlent une seule ou les deux chambres dans 29 des 50 états. Le trumpisme et l'influence de Donald Trump vont perdurer bien après son départ. 

Après la défaite de Trump à l'élection, quel est désormais le rapport des caciques du parti avec lui ? 

Pour les Américains, Colin Powell, Mitt Romney, Condoleeza Rice, George Bush Jr appartiennent au passé et ne représentent plus grand-chose au sein des républicains. Leur ADN est très éloigné de celui de Trump. Le parti républicain, même s’il est gêné aux entournures et sait qu’il n’y a aucun espoir de gagner, a tout de même bien compris qu’ils ont évité une déroute électorale grâce à Trump. Car le trumpisme se nourrit d’une crispation politique et d’un rejet très ancré de la classe "washingtonienne". 

Il y aura un avant et un après Trump - Guillaume Debré

On peut donc supposer qu'ils n'ont aucune influence sur Trump pour le convaincre de cesser ces actions juridiques ... 

Personne n'a d'influence sur Trump, à part lui-même. Sa garde rapprochée regroupe les plus hystériques des hystériques, Steve Bannon, ses fils... son entourage est en train de lui dire de continuer. 

Une figure se détache-t-elle désormais, au sein du "Grand Old Party" ?

Parmi les prétendants, Nikki Haley coche plusieurs cases. Elle est indo-Américaine, sudiste, républicaine, conservatrice, ancienne ambassadrice à l’ONU, ancienne gouverneure de Caroline du Sud, c'est une femme et elle est issue des minorités. Durant la campagne, elle est même devenue la plus trumpiste des trumpistes. Durant cette élection, Trump n'a pas réussi à faire le plein de votes des femmes, notamment celles des banlieues pavillonnaires. Alors si Haley parle comme un homme blanc américain, tout en donnant de l'espoir aux minorités et en parlant à cet électorat, elle peut incarner l'avenir du parti. 

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Il y aura un combat pour l’âme des Républicains, garder cet adn politique. Mais le parti va-t-il s’embourgeoiser, attirer les minorités visibles ? Il faudra suivre cela de près. Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura un avant et un après Trump. Le GOP des années 2000 n’a plus rien à voir avec celui que l’on connait. Il y a eu un tournant en 2008 avec la crise, qui été initiée par Washington en dérégulant le capitalisme américain. Les gens ne veulent plus voir cette classe politique : les Clinton, les Bush. On constate qu'il y a eu une polarisation des deux partis. On rentre sur un territoire électoral qui va être difficile à manœuvrer. 

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